Basse-Fosse, tome 1 : Le Baiser du Rasoir

Basse-Fosse, tome 1

Le Baiser du Rasoir

Daniel Polansky

Je souhaite vivement remercier les Éditions Folio et le site Livraddict de m’avoir permis la lecture de ce livre par l’intermédiaire d’un partenariat qui m’aura donné l’occasion de découvrir un auteur dont ce premier roman est prometteur !

Résumé

« Il y a quelque chose qui rôde dans Basse-Fosse, craché par le cœur du néant. »

Depuis la grande épidémie de peste qui a saccagé le peuple, Basse-Fosse et les villes qui l’entourent sont protégées par un bouclier magique propulsé et maintenu par Le Héron Bleu, premier thaumaturge du royaume. Seulement lorsque des meurtres atroces sur des enfants sèment la terreur dans les rues, Prévôt, un malfrat, revendeur de drogues, qui découvre le corps de la première victime, décide de s’en mêler et de retrouver l’assassin. Il ne s’attend pas à se retrouver au cœur d’une enquête tragique, surtout lorsqu’il apprend que les enfants disparus portent les symptômes de la peste …

Mon avis

J’ai été très emballée par ce roman à l’atmosphère inquiétante de bout en bout et mise en relief par des personnages atypiques, loin des héros qu’on a l’habitude de fréquenter dans nos récits habituels.

Avant de parler de l’ambiance générale du roman, je me dois de vous présenter le héros de l’histoire … ou devrais-je dire l’anti-héros, car Prévôt est aux antipodes du type sympa avec lequel on a envie de boire un verre. C’est un drogué, doublé d’un revendeur de drogues, assassin à la petite semaine, chargé d’un passé lourd au possible. Un ancien gamin des rues qui a connu la tragédie de la peste et de la guerre et s’est forgé un caractère de dur à cuire à travers toutes les saletés qu’il a vu passer dans sa vie.

« Tu es un drogué et un criminel endurci, tu t’en prends à des pères et des mères et tu flanque des coups de couteau à tous ceux qui se dressent sur ton passage. Tu es devenu ce que tu as toujours haï. »

Et pourtant, ce personnage détient ce quelque chose qui fait que l’on s’attache à lui, cette volonté qui, malgré ce qu’il laisse à penser, le pousse à protéger les plus démunis et à s’en prendre à ceux qui pourrissent les rues … Une sorte de Robin des Bois version gore et sans scrupules.

Durant tout le roman, il veut nous faire croire qu’il n’a pas d’amis ni de famille, pourtant au fil de l’histoire on se rend compte de son attachement aux quelques personnes qui l’entourent, tel que le Héron et Célia, son amie d’enfance, mais aussi et surtout Adolphus et sa femme, ainsi que le jeune gosse qu’il prend sous son aile, Pinson.

Plongeons avec ce personnage dans un décor limite gothique, flirtant avec l’ambiance des rues sordides d’un Londres ou d’un New-York du 19ème siècle dans lesquelles les enfants se font saigner et nous voilà propulsés dans une atmosphère lourde et angoissante. Et ce sentiment nous tient jusqu’au bout de l’histoire, sans pauses ni instants réconfortants.

J’ai trouvé ce roman d’une originalité exaltante, car m’attendant à un livre de fantasy pur et dur, je me suis finalement retrouvée face à  un vrai thriller. L’auteur a effectivement mêler avec une habileté incroyable un monde de fantasy (monde imaginaire dans lequel la magie tient un rôle plus ou moins important), à un récit policier au suspense haletant. Une idée vraiment intéressante et qui gagne à nous surprendre et à nous tenir tout au long du récit. Si je devais comparer ce roman, je le ferais avec le film From Hell, dont il porte assez bien les caractéristiques. D’ailleurs à y regarder de plus prêt, la ressemblance est assez frappante, même si la magie tient un rôle plus important dans le roman.

Et bien que j’ai été complètement séduite par ce roman, certaines faiblesses m’ont sauté aux yeux, que l’on mettra sur le compte du « premier roman ». En effet l’intrigue est vraiment terrible et bien cousue, pourtant, au fil de l’histoire des détails s’accumulent qui nous mettraient vraiment sur une fausse piste si ils n’étaient pas détruit par une seule et unique petite phrase qui a fait redescendre le suspense comme un soufflé … Une seule phrase et j’ai compris que le héros se trompait de route. J’avoue que depuis le début de ses soupçons j’avais du mal à comprendre le mobile qu’il donnait aux meurtres, mais du coup je me suis retrouvée à simplement attendre qu’il comprenne  tout seul son erreur et enfin découvrir la véritable intention derrière les meurtres … Et je dois admettre que cela m’a un peu agacé, même si le final est, non pas surprenant, mais bien mené.

Avec un peu de recul on se rend compte du thème important abordé par l’auteur dans son final, cherchant à nous interroger sur le bien fondé de la peur qu’un changement grave peut entraîner … Même si cela tient sur quelques lignes, ça reste une interrogation qui nous fait tiquer et aborde la notion de la limite entre le bien et le mal ….

Malgré tout j’ai vraiment adhéré et j’adorerais pouvoir lire une nouvelle histoire de Basse-Fosse, car le style est vraiment addictif et sans fioritures. Le décor est captivant, et j’imagine le nombre d’histoires sordides que Prévôt ou un autre héros pourrait avoir à nous conter ;)

Le livre

Basse-Fosse, tome 1 : Le Baiser du Rasoir

Daniel Polansky

Editions Folio (Gallimard)

Collection Fantasy

Traduit de l’américain par Patrick Marcel

Titre original : « The Straight Razor Cure »

illustrations de couverture par Elian Black’Mor

465 pages

8.40€

Challenge concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire16/36

3/12

challenge 52 semaines2ème version : Idée n°35 : Du sang

3/26

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit

Le Mur de la Nuit, tome 1

L’Héritière de la Nuit

Résumé

Malian est une jeune fille sur qui pèse un lourd destin. en tant que fille unique du comte de la Nuit, elle est son héritière, ce qui implique la responsabilité de protéger son peuple. Et pour cela elle est bien malgré elle isolée et seule. Pour passer le temps, elle se faufile dans les entrailles du Vieux Château et explore ses dédales en rêvassant aux histoires fantastiques relatant l’épopée de l’héroïne Yoridesarinen. Mais une nuit, une voix sortie de nulle part lui hurle de s’enfuir … En effet le Château des Vents est attaqué par son ennemi le plus ancien : l’Essaim. Et ce qu’ils veulent c’est elle. Elle parviendra à sauver de justesse le Château grâce à l’apparition de ses pouvoirs … Malheureusement, le fait qu’elle développe des pouvoirs implique deux choses terribles pour elle : d’une part son père ne le supportera pas, et voudra l’exiler, d’autre part, d’autres verront en elle l’élue de la prophétie, celle qui est promise à sauver son peuple.

Mon avis

« On m’a promis, cependant, alors que je rendais mon dernier soupir, qu’une autre viendrait unifier les Deraïs, et que celle-ci ne serait pas seule. On m’a promis également que je pourrais l’attendre, car elle aurait besoin de mon aide. »

Voilà un roman que j’ai beaucoup apprécié ! Garni et complet, un style qui donne envie de s’y replonger sans soucis pour connaître quel sera le destin de notre jeune héroïne. En effet, l’auteur a crée un monde plutôt sympa, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est vraiment original, mais il reste atypique par certains côtés, ce qui le rend vraiment attrayant ! Il s’agit là d’une introduction à une série de livre, et il n’est pas toujours aisé de faire cela sans ennuyer les lecteurs sous des tonnes de palabres permettant d’instaurer le background nécessaire pour explorer et connaître le monde dans lequel on se balade. Pourtant l’auteur a su mener son récit de façon à ne jamais relâcher notre attention.

Ainsi, d’entrée de jeu, nous plongeons dans l’action avec l’attaque du Château des Vents, et nous découvrons une partie de l’histoire et de la magie qui opère dans ce monde. Et c’est pour ainsi dire sous cette construction que se poursuit le reste du roman. Nous explorons le passé et ce qui a mené les Deraïs à rejeter la magie à travers les aveux de certains personnages au fil du récit. Et, l’air de rien, l’auteur implante la trame de son histoire en mêlant le passé et le présent. Ce qui nous mène droit vers la prophétie.

J’ai l’impression que les prophéties ont trouvé le ticket gagnant ces derniers temps dans la littérature ^^

Quoiqu’il en soit, notre jeune Malian se retrouve malgré elle à devoir suivre les pas de son héroïne. Bien qu’elle aime particulièrement lire les histoires qui relatent ses exploits, jamais Malian n’aurait imaginé qu’elle puisse être au centre de celle qui s’écrit aujourd’hui … Pourtant, elle va devoir se faire à cette idée, car tous les indices se font preuves de son destin tragique. Et pour commencer, Malian ne va pas avoir le choix : elle doit fuir afin de développer ses pouvoirs et revenir quand elle sera prête pour détruire l’Essaim et unir les peuples. Dur pour une gamine qui se sent si « ordinaire ».

Un point que j’ai noté c’est l’incroyable présence des femmes dans le récit. En effet, l’auteur (une femme) a donné une véritable importance aux rôles féminins dans son intrigue. Ainsi, effectivement nous avons une jeune fille dont le destin est déterminant pour l’avenir de son peuple, et qui suit les pas et les enseignements de celle qu’elle admire depuis sa plus tendre enfance, sauveuse de son peuple cinq cents ans plus tôt, Yorindesarinen. Pour l’aider dans l’accomplissement de son œuvre, nous avons d’abord la charismatique Asantir, capitaine de la garde, considérée comme la meilleure guerrière, Nhairin, l’intendante du Château mais qui je dois l’avouer fait un peu pâle figure à côté de ses camarades. Nous pouvons enfin évoquer Korriya, la grande prêtresse mais dont l’histoire n’est pas très développée encore, mais j’espère en apprendre plus sur elle dans la suite. Bref u livre très féminin et le pauvre jeune homme qui suit Malian comme son ombre, Kalan, doit se sentir bien seul parfois ;)

Voilà donc toute une panoplie de personnages dont pas un seul n’est vraiment mis de côté. ils ont tous un passé que l’on ne demande qu’à connaître. l’auteur a vraiment réussi a leur donner une âme et instaurer une sorte de mystère au dessus d’eux qui pousse notre curiosité. J’ai d’ailleurs vraiment apprécié une chose en particulier que j’ai trouvé assez drôle en fait; L’impression qu’à chaque question qu’on se pose sur un personnage, vient à un moment la réponse. Comme si l’auteur avait prévu et tenu compte (ce qui n’est pas toujours le cas) des éventuelles interrogations qui pourraient naître au cour de la lecture.

Mais, si je devais citer un personnage qui sort vraiment du lot, bien que j’apprécie Malian et Kalan, c’est vraiment Asantir. Elle a une vraie présence, elle est imposante et mystérieuse. J’aime vraiment ce personnage et il me tarde de découvrir ce qu’elle cache. Et j’espère que ça ne sera pas pour le pire ^^

Enfin, pour parler un peu de l’originalité du roman, je pense qu’elle se situe surtout dans la création du monde et de la magie qu’elle y a implanté. En effet, a un moment, nous apprenons d’où viennent les Deraïs, chose assez rare, les romanciers s’attardant rarement à nous expliquer l’existence d’un peuple. Et j’avoue que cela donne un attrait à l’intrigue et nous permet de nous poser beaucoup de questions supplémentaires, titille encore plus notre curiosité et permet de découvrir que les Deraïs ne sont pas tout blancs non plus …

Quant à la magie, c’est le fait qu’elle se situe sur deux plans différents qui la fait dénoter un peu. Une sorte de plan des esprits mais qui a sa propre volonté.

Bref, une histoire vraiment sympa à lire et qui me donne envie d’aller plus loin ! J’espère que le second tome sera publié en France …

Le livre

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit

Helen Lowe

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Guillaume Fournier

Titre original : « The Hair of Night – Book one : The Wall of Night »

Illustration de couverture : Silas Manhood

Editions Orbit

421 pages

21.90€

Challenge concernés

1386401538Consigne de Février : Un livre de couleur rouge

2/12

Challenge Littérature de l'Imaginaire15/36

 

challenge 52 semaines1ère session

Idée n°14 : Une épée

10/11

Bilan Février 2014

Bilan du mois de Février 2014

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Du côté de mes lectures

Les portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale de Maria V. Snyder m’a moins captivé que les deux premier tomes, mais ce fut malgré tout une très bonne lecture et j’ai très envie de découvrir sa nouvelle série du coup :)

Ma grosse déception du mois va à Fées à la Chaîne de Philippe H. Besancenet malheureusement. Un monde qui n’a pas réussi du tout à me captiver et m’a ennuyé dès les premières lignes :s

Un livre que j’ai dévoré et adoré avec le premier tome de Cygne Noir : Fille de l’Orage de Richelle Mead.  Il me tarde de pouvoir trouver un moment pour plonger dans la seconde partie de cet intégrale.

Bah voilà, j’ai succombé à Te Succomber de Jasinda Wilder. Le livre qui m’aura fait couler le plus de larmes ! Un vrai drame, magnifiquement exploré psychologiquement. Un beau coup de cœur pour ma part.

Une magnifique adaptation du Mythe de Déméter et Perséphone en album pour la jeunesse par Elsa Oriol que je conseille aux petits comme aux grands !

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit d’Helen Lowe est un roman que j’ai beaucoup aimé bien qu’ayant mis du temps à le lire (j’avais encore le cerveau rempli de Te Succomber…). C’est une belle introduction à un récit je pense qui sera fantastique. J’espère d’ailleurs qu’il sera publié en France. En attendant je réfléchis encore à mon avis …

Du côté de mes chroniques

   

   

 

Du côté de mes Rendez-vous Littéraires

Inscription à Livra’deux pour pal’Addict  en binôme avec Parthenia

Lecture prévue >> La Roue du Temps, tome 1 : L’œil du monde de Robert Jordan

Inscription à deux nouvelles lectures communes

 

Organisées par Julie7

Pour le 03 Avril et le 03 Mai 2014

Du côté de mes achats

      

 

Du côté de mes Rendez-Vous littéraires

 Inscription à 2 lectures communes :

 

Organisées par Julie7

Pour le 03 Avril et le 03 Mai 2014

Du côté de mes Challenge

Mon avancée :

- Littérature de l’Imaginaire : 4 lectures soit 14/12 [ J'ai décidé de passer deux niveaux au dessus et donc viser la catégorie "Plongée dans l'inconnu" et atteindre les 36 livres lus.] 14/36

- ABC Littérature de l’Imaginaire : 1 lecture soit 2/26

- Les 52 Semaines : 1 lecture pour la version 1 soit 8/11 et 2 lectures pour la version 2 soit 2/26

- Les Quatre Saisons – Fées d’Hiver : 2 lectures, donc j’en suis à 3 au total

- Un mois une consigne : 1 lecture soit 2/12

- Un genre par mois : 1 lecture soit 2/12

- Mythologie du monde : 1 lecture soit 10 au total

- Trivial Pursuit de l’Imaginaire : 1 lecture

Voilà ! Un mois satisfaisant je trouve :)

…………..

Déméter et Perséphone

Déméter et Perséphone

Elsa Oriol

Résumé

Déméter, déesse de la terre et des moissons, vit une vie heureuse près de sa fille Perséphone. Seulement, lorsque Hadès, le dieu des Enfer, éperdument amoureux de la jeune fille, décide de l’enlever en utilisant un piège, Déméter devient folle de chagrin et le temps finit par ressembler à son coeur : maussage, gris, orageux, tempétueux.

Les dieux s’en inquiètent grandement, alors Zeus fait appel au messager Hermès afin de trouver une solution pour rétablir la belle saison.

Mon avis

J’ai été tout à fait conquise par cet album, autant par l’adaptation faite pour la jeunesse que par les illustrations que j’ai trouvé tout simplement magnifiques.

D’abord, j’estime que l’idée de transposer les mythes sous formes d’album est une excellente idée pour faire connaître aux plus jeunes ces histoires incroyables et qui me tiennent particulièrement à cœur. Et bien qu’on puisse imaginer qu’ils sont destinés à un public particulièrement jeune, j’ai pu tester cet album cette semaine sur de jeunes adultes avec lesquels je travaille sur la mythologie et il les a bluffé, ils ont adoré. Comme quoi, l’aspect moins rébarbatif d’un album peut avoir un impact très intéressant pour donner goût aux mythes et légendes.

Pour en revenir au livre, j’aime beaucoup cette histoire qui met en place le principe de l’établissement des saisons dans le monde. C’est vraiment une belle métaphore.

Avant l’enlèvement de Perséphone, le monde vivait d’une saison unique, belle et rayonnante, florissante, fruitée et idéale. Seulement le cœur de Déméter ayant été brisé par la disparition de sa fille adorée, le temps change pour devenir sombre et destructeur. Helios, le dieu du soleil intervient donc pour lui dire ce qui est arrivé, et Déméter, par vengeance décide que le temps sera toujours le reflet de son cœur tant qu’elle n’aura pas retrouvé son enfant.

« Submergée par la douleur et la colère, folle de désespoir, Déméter décida de laisser les sources se tarir, la terre se flétrir, les fleurs se faner et les blés dépérir. »

Les dieux soucieux d’un monde qui risque de périr sans printemps interviennent donc et demandent à hermès, le messager, de trouver une solution pour rétablir l’ordre des choses. Celui-ci descend donc aux Enfer et propose un marché à Hadès. Six mois de l’année Perséphone restera auprès de lui, six mois elle retournera auprès de sa mère. Le pacte est scellé entre Perséphone et Hadès lorsqu’il lui donne à manger six pépins de grenade.

Perséphone retournant auprès de sa mère, lui explique les termes du contrat. Déméter décide alors que six mois de l’année seront beaux et florissant (le printemps et l’été) lorsque sa fille sera près d’elle, et les six autres mois seront le reflet de ce qu’elle ressent, pluvieux, triste et froid (l’automne et l’hiver), lorsque sa fille repartira dans le monde des morts.

Pour en revenir aux illustrations, j’ai adoré les regarder encore et encore, même les toucher. J’ai donné encore de quoi rire à mes collègues qui me voyaient caresser le livre en boucle en leur expliquant à quel point je trouvais les images belles et représentatives de l’histoire. L’auteur a fait une belle galerie de dessins pour donner vie à l’histoire, qui se passerait presque de texte tellement elles sont parlantes.

Quant au texte en lui-même il est parfait. Droit au but, des phrases courtes, idéales pour raconter l’histoire sans perdre personne au passage. Un vocabulaire simple mais évocateur et thématique. Et pour combler le tout, l’auteur n’a pas oublié de citer les différents dieux intervenant dans le mythe, ce qui permet de présenter et de développer le rôle de différentes divinités après la lecture.

Vraiment un superbe album que je recommande à tout le monde ! J’ai tellement apprécié que j’ai même regardé si l’auteur n’en avait pas publié d’autres sur la mythologie, mais malheureusement non. C’est dommage.

Le livre

Déméter et Perséphone

Elsa Oriol

Éditions L’École des Loisirs

Collection Kaléidoscope

34 pages

19€

Challenge concernés

2/12

challenge mythologie10 lectures

 

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Te Succomber

Te Succomber

Jasinda Wilder

Résumé

Nell est une jeune fille dont la vie se présente sous les meilleurs auspices, vit le parfait amour avec son ami d’enfance Kyle. Mais le destin a décidé de la mettre à l’épreuve de la façon la plus cruelle qui soit lorsqu’un tragique accident vient rompre l’enchantement.

Nell vit alors l’enfer sur terre, mais quelques années plus tard, lorsqu’elle retrouve par hasard le frère ainé de son amour de jeunesse, Colton, une porte vers l’avenir s’entrouvre. A Nell de décider si elle est prêt à l’emprunter.

Colton, voyant que les cicatrices sont loin d’être refermées, et qu’elles saignent à grand flots, est prêt à tout pour sauver Nell.

Mon avis

Bon …. Voilà un roman qui m’a retourné comme une crêpe, que je n’ai pas réussi à lâcher à partir du moment où je l’ai entamé. A vrai dire, j’étais dans le train, et je n’ose imaginer la tête que les gens faisaient en me voyant lire ce livre et encore moins à celle de mes parents lorsqu’ils sont venus me chercher à la gare et m’ont vu avec mes yeux tout rouges … Je crois que je lui donnerais la palme du roman qui m’a fait verser le plus de larmes en fait … C’était une vraie marée et lorsque je pensais en avoir fini, pouf ça me reprenait de plus belle !!!

Quoi ??!!?? Mais non je ne suis pas ultra sensible ! C’est juste un gros méchant bouquin qui m’a remué les boyaux du début à la fin.

Bon … rentrons dans le vif du sujet ^^ Une romance, non … Deux romances ^^ En effet, le livre se décompose en deux parties, dont le centre est toujours notre héroïne, Nell …  Deux parties qui sont radicalement différentes, autant par leur contenu que par la psychologie des personnages. Deux parties qui sont fortes en émotions et traitent de thèmes terribles et importants.

La première partie est tout en douceur et tendresse. Une évolution adorable d’une amitié d’enfance en amour. On pourrait penser que ce sujet est ennuyeux à mourir, mais pas du tout, on se plonge avec facilité dans le récit de la découverte des sentiments de nos deux jeunes héros. On ressent dès le départ leur amitié sincère, fraternelle, qui se transmue sous le coup de la jalousie en grand amour. Tout le début du roman tourne autour des thèmes du premier amour, de la façon dont les adolescents perçoivent leur première fois, de la délicatesse et de la peur qui les ceignent … De leurs projets d’avenir !

Il est tellement facile de s’identifier à ces personnages qui sont tout simplement l’image même que l’on se fait d’une adolescence insouciante, loin des problèmes, qui n’ont qu’à penser à ce qu’ils veulent pour leur futur, et qui ne pensent qu’à s’aimer.

De plus, le fait que l’on perçoive le sujet à travers les yeux de Nell donne encore plus de crédibilité à l’histoire, et nous pousse à nous impliquer dans sa romance, ses craintes et ses envies, ses doutes et ses espoirs.

Alors forcément, quand le drame survient, c’est tout le petit monde qu’on s’était imaginé qui vole en même temps que celui de notre héroïne !

Et nous voilà plongés dans son enfer, et les larmes qui vont avec.

La seconde partie se situe deux années plus tard. Et on l’entame dans la tête de Colton, le frère ainé de Kyle. Nell, qui est partie vivre à New York et qu’on s’attendrait à voir triste, oui, mais surtout à avoir fait son deuil, est en fait complètement détruite. Elle continue sa vie, mais elle ressemble plus à un fantôme qu’à une jeune fille de 18 ans, heureuse et fêtarde. Et elle croise, par le plus pur des hasards, le beau Colton, assis sur un banc, en train de jouer de la guitare et de chanter.

« Elle plie les genoux, soulève son étui à guitare, puis s’approche et se glisse sur le banc à côté de moi. Ses yeux ne quittent jamais les miens alors qu’elle s’assied, ouvre son étui et en sort une superbe Taylor acoustique classique. Elle se mord à nouvau la lèvre, fait vibrer quelques cordes, joue et entonne Barton Hollow. Je ris doucement et réalise que la douleur ne l’a jamais quittée. Elle ‘la gardée avec elle tout ce temps-là. »

A partir de ce moment, nous entrons dans la narration d’un véritable drame … La souffrance psychologique, la douleur physique, la culpabilité, les remords, la trahison, la folie de la passion, et le sexe, tout y passe !

Cette seconde partie est une véritable antithèse de la première. Elle est violente, et nous plonge dans une atmosphère complètement démesurée. En effet, on se retrouve face à une jeune femme qui n’a jamais fait son deuil et s’inflige des torture physiques pour palier la douleur de son cœur et de sa culpabilité. Face à elle, un jeune homme écorché, qui a été brisé, et s’est façonné dans la violence des basses rues New-yorkaises.

Trois choses pour les rapprocher : la perte d’un être cher et la musique. D’ailleurs, leur dialogue au départ se fait quasi exclusivement par ce biais … des chansons pour dire ce qu’ils ne peuvent exprimer autrement. J’ai trouvé ça très poétique et envoûtant.

Mais comment gérer des sentiments comme ceux-là sans penser trahir la mémoire de celui qui n’est plus ? Pour Nell c’est impossible, et elle s’inflige d’autant plus de souffrance pour l’encaisser. Pourtant, Colton représente certainement sa seule issue possible pour s’en sortir. Car ce dernier est obnubilé par elle et pour rien au monde il ne la laissera sombrer plus profondément.

Tout le récit qui les entoure est un véritable combat pour la vie. Mais également un combat entre les deux pour se résister mutuellement … Car l’idée même de se plaire, de s’imaginer être intime, bien que cela les obsède, donne des surcharges de culpabilité qui enterre Nell un peu plus à chaque fois. Mais c’est pourtant par la violence de leurs sentiments et l’explosion de ce que Nell refuse de laisser sortir que la voie s’éclaire.

Alors oui, sur les 100 dernières pages, le sexe a une place très importante. Certains pourraient être gênés par le vocabulaire utilisé qui semblerait détonner avec l’histoire, mais ne sommes nous pas tous différents dans l’intimité ? Personnellement je n’ai rien vu de choquant dans le langage utilisé pour décrire ces scènes (autant dire qu’elles le sont de façon très crues et que ce livre est fortement déconseillé à un jeune public ou à des âmes pudiques), au contraire, je les ai trouvé d’une réalité flagrante ! Aucune pudeur ne vient cerner leur intimité. Ils se livrent tels qu’ils sont, écorchés, blessés et passionnés et surtout torturés par la culpabilité. A mes yeux, c’est d’ailleurs dans cette « presque » douleur, que des rapports puissants peuvent nous faire ressentir, que Nell trouve le moyen de ne plus s’infliger des blessures physiques. J’ai trouvé que l’auteur avait fait tout un travail psychologique très intéressant autour de ce que le sexe a d’important au cœur de nos vies.

Bref, j’ai complètement succombé à ce roman et à ses réalités violentes. J’ai éprouvé énormément de compassion pour Nell, et j’ai aimé Colton sincèrement pour son naturel à la fois dur et maladroit. L’auteur n’a pas cherché à enjoliver les pensées de ses personnages, au contraire elle leur a donné une sincérité extraordinaire et pour cela je ne pourrais trouver aucune fausse note à son roman.

J’ai eu d’ailleurs beaucoup de mal à m’en défaire, et l’ai retourné dans ma tête pendant longtemps avant de réussir à penser à un autre livre, une autre histoire. J’aurais voulu poursuivre mon indécente filature des sentiments de ces héros, et je ne suis pas a l’abri de le relire tellement j’ai été conquise.

Le livre

Te succomber

Jasinda Wilder

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anna Souillac

Titre original : « Falling into You »

Editions Michel Lafon

339 pages

15.95€

Cygne Noir, tome 1 : Fille de l’Orage

Cygne Noir, tome 1 : Fille de l’Orage

Richelle Mead

Résumé

Eugénie Markham, plus connue sous le nom de Odile Cygne Noir, est une chaman, chasseuse d’esprits d’Outremonde, des créatures féeriques qui sèment le chaos dans les petites vies tranquilles des humains.

Lorsqu’un esprit l’appelle par son véritable nom, notre chasseuse se retrouve interloquée et se demande les conséquences que cela pourrait avoir sur sa vie … La pauvre ne sait pas encore combien cette révélation va bouleverser littéralement son existence.

En effet, quand un jeune homme l’appelle pour lui demander de sauver sa sœur qui aurait été kidnappée par un Fae, Odile sait qu’elle n’a plus le choix et devra passer entièrement dans l’Outremonde pour aller la chercher ….  Une fois là-bas,  elle va vite découvrir ses véritables origines et devoir composer entre des choix plus improbables les uns que les autres …

Mon avis

« Tu crois peut-être que je ne sais pas qui tu es, Eugénie Markham, alias Cygne Noir, alias, Odile ? Une traîtresse à ta race ! Une bâtarde ! Une meurtrière ! (il avait pratiquement craché ce dernier mot.) Une bannie parmi les tiens comme parmi les miens. Une ombre assoifée de sang. Tu ferais n’importe quoi du moment qu’on te paie assez cher. Une mercenaire, voilà ce que tu es … Pire encore : une putain !« 

On peut dire que ce roman commence sur les chapeaux de roue !!! Directement dans l’action et honnêtement ce n’était pas pour me déplaire car il m’a été quasiment impossible de le lâcher ! J’ai été complètement happée par l’histoire et j’en redemande !

Mais d’abord je dois dire que ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est la profusion de références aux mythes et légendes de différents horizons. En effet, entre les mondes féeriques contenant déjà leur lot de créatures incroyables, nous rencontrons également des esprits des légendes japonaises (le magnifique Kiyo, Kitsune de son état :p), irlandaises (Kelpie), mais aussi, nous plongeons dans le monde de la mythologie grecque avec Perséphone, les enfers et les divers rappels aux mythes qui s’y accrochent tels Orphée et Eurydice, etc. Et c’est un bonheur de découvrir ce monde et ces protagonistes dont le seul point commun est le lieu dans lequel il vivent : l’Outremonde.

Là où l’auteur a fait fort, c’est d’être parvenue à mélanger tous ces mythes et légendes, les accoupler, sans s’emmêler dans un méli-mélo de n’importe quoi auquel on ne comprend plus rien. Non elle s’est parfaitement approprié le tout et a su en dégager un nouvel univers tout à fait passionnant !

Mais, la référence mythologique qui est certainement la plus importante, est celle faite à Œdipe et la prophétie qui lui avait été faite … En effet, bien que ne tenant qu’en une petite phrase lâchée l’air de rien dans le récit, c’est pourtant autour de ça que tourne le roman. Une prophétie noire et funeste que notre héroïne doit contourner …

« Le truc, avec les prophéties, c’est que … parfois les gens comprennent tout de travers. A moins qu’en essayant de faire en sorte qu’elles restent lettre morte, ils n’en précipitent la réalisation. »

Apporter à tout ça une héroïne attachante et à laquelle il est si facile de s’identifier tellement son côté humain est palpable et le récit marquait encore des points. En effet, même si son job est hors norme par son côté surnaturel, le personnage en lui même pourrait être n’importe qui d’entre nous. Une jeune femme au caractère bien sentie mais que la peur n’épargne pas, que les faiblesses rendent humaine, que les désirs assaillent, à qui les choix  compliquent l’existence. Son humour grinçant et parfois naïf, ses propos influencés par la culture humaine qu’elle soit littéraire ou télévisuelle nous rappellent qu’elle vit bien dans le même monde que nous si on omet le fait qu’elle voit des choses que nous ne percevons pas.

Ajoutons une touche de sensualité et de passages bouillants histoire de mettre nos hormones en ébullition, voilà qui donne encore plus de piquant à l’histoire. Mais ces passages, très bien décrits, sans user d’un vocabulaire pouvant gêner les plus prudes, ne sont pas récurrents. Pourtant le sexe en lui même est présent presque intégralement dans le roman, mais juste par références. En effet, tout le peuple des Faës ne rêvent que d’une chose (si on oublie celui de la tuer) c’est de pouvoir passer sur le joli corps de notre beau Cygne Noir.

Pour évoquer un peu les personnages secondaires, je les trouve vraiment excellents. En parcourant les cours des Faës ( j’ai assez apprécié que l’auteur ait conservé ce principe de cours féeriques), on rencontre des personnages atypiques, tel que Dorian. Ce roi d’une des cours de l’Outremonde est original mais surtout compliqué et c’est ce qui fait tout son charme. En effet, on sent l’ennui qui pèse sur lui comme un fardeau dont il ne peut se débarrasser, et l’arrivée d’Eugénie vient le distraire tout en lui ouvrant une possible porte sur son désir le plus profond. Jusqu’au bout il est difficile de le cerner. On sent qu’il est attaché à notre héroïne mais il nous est quasi impossible de savoir laquelle de ses motivations prendra le dessus. Il est mystérieux et attirant. En fait il est une panoplie d’émotions diverses et variées, il a mille et un visage. C’est un personnage surprenant. Quant à Kiyo, notre kitsune métissé, il est le stéréotype de la parure de mode, celui qui fait saliver les jeunes filles. Et notre héroïne ne peut pas plus que nous résister à ses charmes bestiaux. En plus de ça il est intelligent et aime les animaux (hihi).

Bon je ne nierais pas que l’histoire d’amour est comme l’action, elle démarre au quart de tour. En deux semaines nos deux tourtereaux sont complètement dingues l’un de l’autre, et ils seraient prêt à donner leur vie pour l’autre (pas qu’au sens figuré). C’est peut-être un peu exagéré je pense, mais on se laisse malgré tout complètement bercer par l’histoire d’amour et la naissance d’un triangle un peu bancal. Et même si mon cœur de midinette aurait tendance à craquer pour le beau Kiyo, je dois admettre que Dorian, le mystérieux, dégage quelque chose de franchement attractif, peut-être à cause de son côté un peu hautain mais aussi enfantin lorsqu’il découvre le monde des humains.

Enfin, pour finir là où j’ai commencé : Le rythme … Le roman commence directement dans l’action, et chaque fois que l’on pense pouvoir se reposer, un rebondissement vient à nouveau redonner du mouvement au récit. Chaque chapitre comporte une nouvelle pièce dans la trame de l’histoire. Et même les passages que l’on pourrait juger lent (je pense aux moments où l’héroïne prend ses leçons de magie), ils finissent systématiquement par un cliffhanger nous empêchant de poser le livre.

Donc un rythme soutenu du début jusqu’à la fin pour un récit écrit avec une plume franchement addictive.

Et histoire de finir en beauté, la fin nous laisse sur notre faim et appelle à ouvrir le second volet de la série quasi instantanément. Un rebondissement, non pas surprenant, on s’y attend franchement à un moment donné, mais malgré tout, qui donne envie de savoir ce qui va bien pouvoir se passer, et comment l’héroïne va pouvoir gérer la suite de ses aventures …

Bref ! J’ai adoré dévorer ce roman et j’ai hâte de pouvoir trouver un moment à accorder au second tome !

Le livre

Challenge concernés

ob_6e5ac8_tpi-logo1ère session : Bit-Lit / Couleur dans le titre

mini_1312011039471523873ème lecture

Challenge Littérature de l'Imaginaire14/36

challenge 52 semaines8/11

 Idée 48 première session : Un miroir

Fées à la chaîne

Fées à la chaîne

Philippe H. Besancenet

Résumé

Lyse est une jeune fée pleine de vie et naïve. Le jour où un poulpiquet vient lui adresser un message de l’ambassade lui demandant de les rejoindre, c’est un doublet gagnant pour elle. En effet, non seulement elle réalisera son rêve de voir enfin ce monde incroyable qu’est celui des humains, mais en plus elle va pouvoir retrouver sa sœur Aryse qui s’y trouve déjà.

Pourtant notre jeune fée va vite déchanter en découvrant que sa sœur a disparu et que le monde dans lequel elle est entrée n’est pas celui qu’elle espérait …

Mon avis

« Il venait la voir tous les jours et son rôle à l’Ambassade lui plaisait, marmonna t-elle. Bien sûr, elle aurait pu se décider subitement à partir avec lui, abandonnant tout derrière elle, ses affaires comprises. Cela ne me surprendrait pas trop. Mais oublier d’emmener son journal, son confident ? »

Je dois avouer ma déception quasi totale suite à la lecture de ce roman … Bien que je ne puisse nier l’originalité de l’histoire, il m’a été presque impossible de plonger dans ce récit qui me paraissait trop superficiel et me montrait un monde qui de base ne me plait pas plus que ça. J’avais l’impression de visiter Disney Land et je n’ai pas aimé mon voyage …

Du coup, n’étant pas adepte des chroniques négatives, j’ai beaucoup de mal à trouver des mots à mettre dans mon avis … Alors je pense être expéditive .

D’abord, le personnage de Lyse … D’entrée de jeu il m’a saoulé. Elle est toute gentille, toute mimi, toute rose, toute naïve, enfin elle est tout plein de qualificatifs mielleux et dégoulinants, mais elle est aussi d’un caractère fort et tenace. Pourtant son côté ultra superficiel me rendait folle de rage chaque fois qu’elle prenait la parole. Rien ne la choque plus que de ne pas porter une belle robe rose .. Non  sans façon. Et son approche d’un monde qui semble corrompu ne l’émeut pas plus que ça. Elle vit aux pays des bisounours en permanence et ne semble pas touché véritablement par les problèmes des autres, ou du moins pas tant qu’un bon coup de massue lui tombe sur la tête …

Ensuite, le monde dans lequel l’auteur veut nous plonger m’a ennuyé à mourir … Imaginer une ambassade féerique dans le monde des humains, c’était très bien pensé, mais la transformer en vaste plaisanterie pour les humains, j’ai trouvé ça très moyen. En fait l’ambassade ne s’avère qu’être une sorte de parc d’attraction dont les fées et autres créatures des mondes féeriques sont les acteurs, les rouages, les employées … Bref … non l’idée ne m’a pas emballé.

Enfin, l’intrigue se met en place avec l’enquête que décide de mener Lyse pour retrouver sa sœur et les choses s’enchaînent progressivement mais toujours avec une sorte de lenteur mortelle et du coup lorsque enfin l’action prend toute sa place, l’histoire m’a tellement endormie que je ne la suis qu’a demi mot et sans grand intérêt … c’est dommage.

Je ne peux pas dire que l’auteur n’a pas de talent, j’ai vu dans ce récit une sorte de conte pour enfant avec quelques passages un peu durs ; un style sympathique et une envie de partager peut-être une histoire qu’il aurait inventer pour ses propres enfants. Mais malheureusement ni le personnage principal, ni le monde imaginé n’ont réussi à me transporter. Je me suis sentie exclue et n’avait qu’une seule envie : celle de terminer le livre le plus vite possible (je n’aime pas abandonner une lecture, espérant toujours une bonne surprise).

Je ne sais pas, je n’étais peut-être pas dans de bonnes conditions pour m’immerger dans un monde comme celui-là …

Voilà … Alors bon .. Je conseillerais ce livre à tout ceux qui n’ont pas une image trop fantasy des mondes féeriques, et qui aiment se laisser porter par l’univers de Mickey et Mini. Vous êtes assurés de trouver un roman très original auquel se mêle une intrigue presque policière. Si vous n’êtes pas adepte de ce style, passez votre chemin …

Le livre

Fées à la chaîne

Philippe H. Besancenet

Editions P’tit Golem

267 pages

4.99€

Format E-Pub

Challenge Concernés

mini_1312011039471523872ème lecture

Challenge Littérature de l'Imaginaire13/36

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Maria V. Snyder

Résumé

Elena est aujourd’hui agent de liaison entre les deux royaumes de Sitia et d’Ixia. Mais l’évasion du voleur d’âmes Ferde, la disparition suspecte de nombreux magiciens et les actes de rebellions du peuple Davian suffisent à Elena pour qu’elle se décide à mener l’enquête.

C’est malheureusement sans compter sur le conseil de Sitia, qui, manipulé par la première magicienne Roze, haïssant de tout son cœur la pauvre Elena, se retourne contre elle et l’accuse d’être l’instigatrice de la disparition de Ferde et d’avoir des plans diaboliques quant à son pouvoir de chasseuse d’âmes …

Elena devient donc l’ennemi public numéro 1 et ne trouve plus sa place ni en Ixia, où la magie est interdite, ni en Sitia. Mais c’est sans compter sur le soutient de sa famille, de ses amis et de son tendre et cher Valek !

« J’ai toujours été fasciné par ton talent pour t’attirer la haine et la rancune des gens puissants. Mais cette fois, tu as réussi à remonter un pays entier contre toi. »

Mon avis

Moi qui était tellement contente de pouvoir entamer ce troisième et dernier tome de la série des Portes du Secret, dont j’avais dévoré les deux premiers titres, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire qui, un peu brouillon dans son introduction, a eu du mal à se mettre en place. Mais la difficulté en valait la peine, car le final est quant à lui vraiment palpitant et pose une belle conclusion au destin de notre héroïne bien qu’il laisse en suspension d’autres questions sur certains personnages.

Donc un dernier tome avec une entrée en matière dispersée. Mais cet éparpillement représente en quelque sorte l’état d’esprit de notre héroïne.

En effet, alors qu’elle pense n’avoir plus qu’à se soucier de parfaire ses capacités magiques en apprenant à maîtriser les éléments qui lui font défaut tel que le feu, moult rebondissements viennent achever ses bonnes dispositions.  Ne sachant plus à qui elle peut faire confiance, Elena tente le tout pour le tout et avance tête baissée dans les pièges qui lui sont destinés. Malgré tout, elle n’abandonne pas le combat et poursuit sa quête vaille que vaille, navigant en eaux troubles, affrontant ses plus grandes peurs et tentant de trouver un sens à tout ce fouillis qui l’entoure.

Beaucoup de détails et de palabres viennent construire ce roman, mais c’est pour mieux peaufiner le personnage d’Elena, mieux comprendre qui elle est et ce qu’elle inspire aux yeux du monde : la peur. En effet, c’est une chasseuse d’âmes et malgré tout le bien qu’elle a fait depuis qu’elle a entamé ses aventures, rien ni personne ne peut empêcher ceux qu’elle rencontre d’avoir peur d’elle. Et elle-même commence à douter de ses qualités et de ce dont elle est capable. Donc, le doute guide son cœur, ce qui forcément engendre des erreurs de jugement lors de ses aventures.

« Le dernier chasseur d’âmes de Sitia avait vécu environ cent cinquante ans plus tôt. Au cours de sa brève existence, il avait transformé ses ennemis en esclaves sans âmes et presque réussi à prendre le pouvoir. »

C’est un final, donc il est normal de voir également apparaître la presque totalité des personnages rencontrés depuis le premier tome, mais j’avoue que cela à contribué à compliquer la compréhension du tome, passant plus de temps à essayer de me rappeler qui est qui et quel est son rôle, j’en oubliais parfois de me concentrer sur ce qui était en train de se passer …

Mais ce qu’il faut retenir surtout de ce dernier épisode des Portes du Secret, c’est qu’il est la révélation d’Elena et de son pouvoir. Tout est mis en place de façon à la mettre à l’épreuve et cela n’a jamais rien d’évident.

Donc au final, je ne suis absolument pas déçue par ce roman, bien au contraire, qui se termine en feu d’artifice !

Une bonne trilogie, avec ses hauts et ses bas, mais qui se rattrape toujours grâce à la vivacité et le pétillement de ses personnages, la simplicité efficace de la plume de l’auteur et à ses intrigues palpitantes.

Le livre

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Maria V. Snyder

Traduit de l’américain par Karen Degrave

Titre original : « Fire Study »

Editions Harlequin

Collection Darkiss

497 pages

7.50€

Challenge Concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire12/12

challenge 52 semaines

Idée n°26 : Du feu ou des flammes

8/11

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Mervyn Peake

Résumé

Dans le château de Gormentghast, vivent les d’Enfer … Une famille noble et étrange dont le quotidien, d’un ennui mortel, n’est fait que de rituels et résonne chaque jour de la même monotonie … Mais la platitude de la vie des gens du château va se retrouver bousculée par la naissance d’un héritier tant attendu, Titus, et par l’arrivée d’un jeune opportuniste aux dents longues, Finelame.

Mon avis

Parler de Gormenghast me paraît un travail titanesque tellement ce roman est atypique. Et bien que la lecture fut rude, car habillée par des milliers de descriptions dont on a l’impression qu’elles ne prennent jamais fin, elles n’en sont pourtant pas moins essentielles pour pouvoir s’immerger dans ce monde aux proportions indicibles.

En effet, parler de ce château c’est se figurer un monument dont on ne connaît ni le début, ni la fin. Il est une succession de dédales et de labyrinthes dans lesquels on se perd. L’auteur a fait de ce lieu un être à part entière dont les habitants ne sont que la prolongation. D’ailleurs, durant la première partie de ce roman, l’auteur nous présente les personnages en surfant de pièce en pièce, car chacune d’entre-elles est une image qualifiante du caractère de ses habitants. Et cette présentation se fait quand même sur plus de 100 pages.

Mais c’est qu’il y a à dire sur ces personnages et ces lieux si loufoques, si improbables ! Ils sont presque une exagération théâtrale relevant du tragi-comique ! Les personnages sont aussi hors normes que le château finalement … Le comte d’Enfer passe son temps enfermé dans sa bibliothèque, la comtesse à câliner ses oiseaux et ses milliers de chats, leurs serviteurs aux noms surprenants (Salprune, Craclosse, Lenflure, Glue et j’en passe), à l’allure contrefaite (Craclosse est comparé à une araignée, Lenflure, me paraît un ogre, Glue, une petite fée poids plume et sans cervelle)  sont presque effrayants …

Et s’il n’y a pas de héros à proprement parler dans cette histoire, il y a malgré tout des personnages qui donnent le ton de l’intrigue.

En effet, la naissance de Titus, l’héritier inespéré des d’Enfer, dont personne n’a cure si ce n’est pour donner une raison de se perdre dans de nouveaux rituels animant le château, apparaît en lui-même comme annonçant la fin de la langueur et la rupture avec la tradition ancestrale qui fait tourner cette famille et sa résidence. Car depuis sa naissance rien ne se passe comme il devrait. A peine né, l’enfant semble déjà manifester un rejet vis à vis de ce l’on veut lui imposer. C’est un rebelle dans l’œuf. Et je dois avouer que j’ai pitié de ce pauvre enfant qui naît dans un si sinistre lieu, entouré de si sinistres personnages. Car même s’ils sont hauts en couleurs, ils n’en restent pas moins totalement individualistes et me font penser à des personnes enfermées, séquestrées mais qui finalement aiment leur ravisseur (le château) et ont cessé de se poser des questions, se sont résignées à leur mode de vie. Et c’est dur de s’imaginer un enfant évoluer dans de telles conditions, l’imaginer se mettre lui même à tourner en rond jusqu’à la fin de sa vie, comme un poisson dans son bocal.

Le second personnage qui vient rompre avec la monotonie déprimante de cette atmosphère est Finelame … Et si la naissance de Titus annonce un meilleur, peut-être pour le futur, de Gormenghast, Finelame quant à lui annonce sa mort plus qu’autre chose. Jeune parvenu aux dents aiguisées, il n’a d’autre ambition que de s’approprier le château et de soumettre à sa volonté ses habitants. Intelligent et tranchant, il porte parfaitement bien son nom … Et utilise la faiblesse et la bêtise des uns et des autres à son avantage. La manipulation n’a aucun secret pour lui, et même si certains émettent des doutes quant à sa présence soudaine et à ses motivations, personnes n’essaye de le contrecarrer … Il est l’ange de la mort, le chaos incarné, l’ombre planant sur le château. Son rôle est essentiel dans l’intrigue, car il est l’intrigant fallacieux. Il est le ver dans la pomme qui ronge les entrailles de  l’univers des d’Enfer et de leurs serviteurs et en dérègle les coutumes quitte à détruire ceux qui en vivent. Il est l’annonciateur d’un drame.

« Nous avons fait la connaissance avec Lord Tombal et Lady Gertrude, leur fille ainée Fuschia, le Dr Salprune, Rottcodd, Craclosse et Lenflure, Nannie Glu, Finelame et Grisamer. Nous les avons surpris le jour de la naissance de Titus, et nous sommes à même de mieux saisir l’atmosphère dans laquelle s’accomplira le destin de l’héritier de Gormenghast. »

Autant dire qu’à ce niveau de la lecture (premier tome sur trois), je vois la suite de ces aventures comme un combat entre le bien et le mal. Mais ! c’est foncièrement impossible d’imaginer ce que vont devenir Gormenghast et ses habitants, même si quelques pistes sont données …

Si l’on devait décomposer ce roman, on pourrait dire qu’il se présente en deux grandes parties : Présentation du monde et de ses personnages >> transition apportée par le drame >> développement de la lente déchéance du monde en place avec une ouverture sur un univers nouveau (pour le pire ou le meilleur).

Ce roman est d’une qualité narrative impressionnante qu’il n’est possible d’apprécier qu’en allant jusqu’au bout de l’histoire.

Enfin … Je crois que ce qui fait de ce roman un récit unique c’est qu’il est finalement inclassable. Son univers se trouve être inqualifiable : à la limite du fantastique, fantaisiste mais sans implication de la magie, théâtrale, burlesque, dramatique. Il est hors du temps ! Hors de tout ce qui pourrait nous être connu. On l’imagine dans un autre monde enfermé dans une sorte de bulle. Gothique ? Baroque ? … Tout ce qu’on sait c’est qu’il est sombre et violent, mais que la plume poétique de l’auteur lui offre une consistance qui elle est magique car addictive.

Oui … Finalement même les mètres et les mètres et descriptions infinies ne sont pas parvenues à me faire lâcher prise car l’atmosphère du roman nous captive tellement, et son intrigue titille si fort notre curiosité que le besoin de savoir l’emporte sur le reste. Du moins, c’est ainsi que je l’ai ressenti. Peake a instauré un univers hors norme, hors du commun, hors du temps. C’est de l’art pur et dur. Chacune de ses descriptions est un dessin de son monde, une image qui s’incruste dans notre esprit. Il est un magicien des mots.

Alors autant dire pour finir qu’il est clair que j’ai adoré ce roman ! Mais je pense qu’il est tellement unique que son effet sur chacun peut aller d’un extrême à l’autre. Soit on l’aime soit on le déteste. Soit on va jusqu’au bout, soit on abandonne avant la fin des 120 premières pages. Il n’en reste pas moins une œuvre incroyable que je vous souhaite de découvrir. C’est un petit joyau de la littérature.

Le livre

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Mervyn Peake

Titre original : « Titus Groan »

Traduit de l’anglais par Patrick Reumaux

Editions Points

591 pages

8.50€

Challenge concernés

Challenge ABC 20142/26

Challenge Littérature de l'Imaginaire11/12

SFFF5ème lecture

challenge 52 semaines2ème version -> Idée n°13 : Du Brouillard

1/26

Livra’deux pour Pal’Addict 2014 [Février / Mars / Avril]

Livra’deux pour Pal’Addict

 

.. Session Février / Mars / Avril 2014

Nous avons décidé de nous mettre en binômes avec Parthenia

 

Les livres choisis par Parthenia

   

Un livre qu’elle a lu et souhaite me faire découvrir :

- La Roue du Temps, tome 1 : L’Oeil du Monde de Robert Jordan

Un livre dont elle souhaite avoir mon avis :

- La Trilogie des Joyaux Noirs, tome 1 : Fille du Sang d’Anne Bishop

Un livre dont le résumé l’a interpelé :

- Eon et le Douzième Dragon d’Alison Goodman

J’ai beaucoup hésité car ce n’est pas un choix facile ^^ Alors je vais partir pour La Roue du Temps, tome 1 de Robert Jordan

Les livres que j’ai choisi pour Parthenia

   

Un livre que j’ai lu et que je souhaite qu’elle découvre :

- La Lédende de Drizzt, tome 1 : Terre Natale de R.A. Salvatore

Un livre dont j’aimerais avoir son avis :

L’Edda Poétique de Régis Boyer

Un livre dont le résumé m’interpelle :

La Reine Celte, tome 1 : Le Rêve de l’Aigle de Manda Scott

———

 

Voilà, j’espère qu’une de ces trois lectures lui conviendra ^^


Bilan Janvier 2014

Bilan Janvier 2014

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Du côté de mes lectures

Je ne pouvais pas mieux commencer l’année qu’en lisant La Sève et le Givre de Léa Silhol qui est une merveille de la Fantasy Féérique

J’ai ensuite fait connaissance avec l’auteur Amélie Nothomb dont je n’avais jusqu’alors rien lu. Antéchrista fut une lecture appréciable bien que la fin de l’histoire m’ait laissé un goût amer.

Ce fut un plaisir de me plonger dans une fantasy arthurienne type romance avec Les Chemins de Camelot, tome 1 : L’ombre de Camelot de Sarah Zettel. J’ai beaucoup apprécié la légèreté de cette histoire et l’adaptation de deux légendes qui ne sont pas forcément très connues.

Changement de stylke radical avec Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley. Cela faisait des années que je voulais lire ce grand classique de la littérature de science fiction. Pour le coup je n’ai pas été déçue. Une anticipation qui donne à réfléchir sérieusement sur ce qu’on l’on souhaite vraiment pour notre société.

Re changement radical de style avec la découverte d’Agatha Christie. J’aurais mis le temps pour lire enfin cet auteur et je n’ai vraiment pas été déçue par cette histoire. La mort n’est pas une fin m’a tenu en haleine de bout en bout et son côté historique m’a d’autant plus charmée.

Un retour vers le classique anglais avec Le Fantôme de Canterville et autres contes d’Oscar Wilde. Une sacrée critique de la société mise en scène à travers des histoires sombres et cruelles.

Découverte de la nouvelliste Anne Rossi avec Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre. Ce fut déroutant de me jeter dans le style des récits courts mais cette romance de fantasy était très sympathique.

La fin du mois était difficile niveau lecture et je n’arrivais plus très bien à me plonger dans de longues histoires. M’immerger dans la mythologie nordique m’a donc permis de faire une belle pause avec cette nouvelle de Manuel Essard, Les Dits du Midgardr, tome 1 : Saga.

Enfin, j’ai réussi à terminer Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer de Mervyn Peake. il m’aura fallu 3 bonnes semaines pour en venir à bout. Non pas que la lecture m’ait déplu, loin de là, mais comme je le disais plus haut, la fin du mois était difficile et je n’arrivais plus à me concentrer pour plonger dans les livres longs. Quoiqu’il en soit, je réfléchi encore à ma chronique car on peut dire que ce livre est sacrément original :)

Du côté de mes billets

 

       

       

Du côté des Rendez-Vous littéraires

Inscriptions à 3 Lectures Communes :

Organisée par Nelcie

Du 20 au 30 avril 2014

Organisée par Stephanie – Plaisirdelire

Pour le 15 Mai 2014

   

Organisées par Luna

Pour le 5 avril, le 3 Mai et le 6 Juin 2014

Du côté de mes achats

   

Du côté de mes challenge

Inscriptions à 4 nouveaux challenge

ob_6e5ac8_tpi-logobanniere130924024632396436challenge 52 semaines

Avancée dans mes challenge

Le Tour du Monde en 8 ans : 1 nouveau pays avec la Belgique, soit 13 pays visités

Légende Arthurienne : 1 lecture, soit 1/15

SFFF : 3 nouvelles lectures dont une encore à chroniquer, soit 1/9 en SF, 2/7 en fantasy et 1/2 en Fantastique

Mythologie du Monde : 2 nouvelles lectures, soit 9 en tout

Witch List : 1 lecture, soit 1/10

1 genre par mois : 1/12

ABC 2014 : 1/13

Littérature victorienne : 1/3

1 mois 1 consigne : 1/12

Les quatre saisons : 1 lecture

Agatha Christiesez-moi : 1/10

Littérature de l’imaginaire : 10/12

ABC littérature de l’imaginaire : 2/26 (une à chroniquer)

Voilà, un mois plutôt bon je trouve malgré une panne lecture sur les deux dernières semaines …

Les Dits du Midgardr, épisode 1 : Saga

Les Dits du Midgardr, épisode 1 : Sàga

Manuel Essard

« Il fut un temps, racontent les anciennes chroniques, où les Dieux de l’Asgardr vivaient et marchaient sur la terre des Hommes que l’on nommait le Midgardr. »

Puis vint le Ragnarokkr, le Crépuscule des Dieux, et ils disparurent, laissant place à la nouvelle religion.

« Mais ces derniers avaient laissé une trace dans le nouveau Midgardr, une trace que certains exploitèrent pour leur propre compte : la Kunnátta, la science magique … »

Résumé

Une jeune fille nommée Sagá assiste, impuissante à la destruction de son village par les géants du givre. Unique survivante de ce massacre, mais pas des moindre puisqu’elle se trouve être l’héritière de la Volva, puissante prophétesse détentrice de la Kunnátta.

Décidée à venger sa famille et ses amis, elle se rend rapidement au village voisin le plus proche afin de demander l’aide du seigneur en place,le Freyr.

Seulement la jeune fille va vite se rendre compte que les géants ne sont pas son unique soucis …

Mon avis

Amoureuse de mythologie et légendes nordiques, lorsque j’ai vu apparaître ce titre dans ma tablette, je n’ai même pas réfléchi et l’ai téléchargé aussitôt ^^

Aussi vite téléchargé, aussi vite lu ^^ En effet, il s’agit ici du premier volet d’une série de nouvelles qui devrait en compter 7.  Ce premier épisode comptant environ 60 pages, imaginez donc que l’histoire doit être vite installée et expédiée … Et on peut dire que c’est le cas.

Comme chaque fois que je lis des nouvelles, j’ai tendance au premier abord à être déstabilisée par la vitesse des enchaînements de situations et par le manque peut-être d’approfondissement des lieux et des personnages. Pourtant, encore une fois, je ne ressors pas déçue par ce récit, même si j’aurais aimé plus de détails (mais ça c’est aussi dû à mon amour pour ce qui touche à la mythologie et aux légendes).

Malgré le peu de temps auquel l’auteur consacre des descriptions sur monde et l’époque, la puissance des mots utilisés est largement suffisante pour instaurer une atmosphère qui s’avère être lourde et angoissante. En effet, l’époque et les terres sur lesquelles se passe cette aventure ne nous sont pas inconnues, ce qui apporte une force réaliste qui nous propulse sans difficulté à travers l’histoire des clans nordiques et des guerres vikings. Et l’air de rien, le récit est véritablement instructif car il s’avère être par la même occasion un enseignement des hiérarchies du peuple viking. On sort donc de cette lecture avec une culture légèrement approfondie de la civilisation nordique, et j’avoue que c’est une chose que j’apprécie énormément lorsque je lis.

Incorporant la magie des Dieux disparus, l’auteur impose le thème lourd, que l’on rencontre régulièrement dans les récits arthuriens, du combat s’insérant dans la mise en place des nouveaux mondes, à savoir la disparition des croyances païennes, et la volonté de détruire ce qui en reste. Même si cela n’est pas décrit clairement, ça ne m’en a pas moins frappé.

« Tu n’aurais jamais du venir ici, volva, dit Vidolfr. Les sorcières sont dépassées depuis la mort des Dieux. »

Quant aux personnages … Que dire … Oui ils ne sont pas très approfondis et il reste difficile de s’approprier leur histoire, pourtant, certains ont su me toucher. Un surtout : Vali.

Saga étant l’héroïne du récit, on aurait pu imaginer qu’elle aurait eu la part belle dans l’accomplissement. Pourtant, non. Elle m’a paru vraiment distante voire même agaçante et prétentieuse. Oui elle est l’héritière de l’ancienne magie, mais elle n’est qu’une novice qui n’hésite pas à sacrifier au profit de son pouvoir la vie de ceux qui la protègent. Disons qu’elle ne fait preuve d’aucune humilité …

Quant à Vali … J’ai vraiment accroché ce personnage qui représente toute la foi qui peut résider encore dans le cœur des hommes pour les anciennes traditions. Un véritable guerrier, prêt à tout sacrifier pour ce en quoi il croit et dont la seule récompense et le seul soulagement est de se dire qu’il aura sa place au banquet éternel du Valholl. Ce personnage inspire beaucoup de respect et de tendresse bien qu’il ne tienne qu’un rôle secondaire mais important pour le salut de Saga.

En bref, je me suis laissée porter par le récit même si j’aurais aimé plus de détails, mais il faut que je m’y fasse, c’est le principe même des nouvelles. Quoiqu’il en soit, je me ferai un plaisir de lire la suite de cette série, et j’attends donc avec impatience la sortie du deuxième épisode.

Le livre

Les Dits du Midgardr, tome 1 : Sága

Manuel Essard

Editions L’Ivre-Book

Collection Imaginarium

Format EPub

60 pages

Gratuit

Challenge Concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire10/12

challenge mythologie9ème lecture

Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre

Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre

Anne Rossi

Résumé

Dans un monde où le soleil ne brille plus et où seule la lumière des étoiles, amplifiée par des miroirs géants, dans les villes permet encore de voir sa route, vit Elianne, une jeune joaillère qui rêve de liberté et de renommée. Mais pour se faire, elle n’a d’autre choix que celui de prendre la route des Terres Noires, qui la séparent de la grande Yspareille. Seulement, traverser les Terres Noires n’est pas à la portée de tout le monde et pour y parvenir il lui faudra profiter de l’escorte d’une caravane de marchands, protégée par les courageux Passeurs d’Ombres. Des hommes et des femmes capables d’affronter les créatures obscures qui se cachent tout au long du chemin …

Mon avis

45 minutes …. c’est le temps qu’il faut à peu près pour lire cette nouvelle comme le précise l’éditeur. Donc il ne faut pas s’attendre à un grand roman de fantasy où l’univers dans lequel on évolue est foisonnant de descriptions et de détails. Ni à un approfondissement psychologique des personnages !

Et pourtant ! Je ne sais par quelle magie l’auteur a su manipuler les mots afin de donner un cœur et une âme à son histoire sur le peu de lignes imparties. Et je pense que peu d’auteurs sont vraiment capables de maîtriser suffisamment les récits courts pour leur apporter la profondeur nous permettant de nous plonger dans leur monde. Anne Rossi y parvient très bien.

En quelques lignes, elle a su imposer des thèmes intéressants y greffant une romance qui elle m’a laissé un peu perplexe …

Donc, Anne Rossi nous dépeint un monde privé de lumière. Entre chaque ville c’est les ténèbres qui règnent et leurs créatures tout droit sorties des mythes et légendes du monde. Certaines de ces créatures deviennent des Passeurs d’ombre, chargées d’assurer le passage entre les villes et de protéger les personnes et les marchandises.

Nous arrivons ici au premier thème important exploré par l’auteur, à savoir les préjugés. En effet, les créatures fantastiques n’ont pas droit d’entrer dans les villes. Elles sont considérées comme des êtres terrifiants et donc source de mal. En gros, elles ont droit de sacrifier leur vie pour vous mais il n’est pas question de les laisser intégrer notre petite société bien propre …

« Les seuls surnaturels qu’elle avait jamais vus étaient des nains, venus négocier leur métal en ville par dispense spéciale. Elle n’avait qu’une idée vague de l’aspect que pouvaient revêtir les djinns, les nymphes, les pixies et autres fils et filles des ténèbres. On lui avait toujours enseigné que tout non humain présentait un danger potentiel. Mais elle avait tendance à ne croire que ce qu’elle avait vérifié de sa propre expérience. »

Mais l’amour, autre thème abordé dans le récit, n’a pas de préjugé, et Elianne nous le prouve plus d’une fois. En effet d’entrée de jeu elle ne reste pas insensible aus yeux dorés du Demi-Faune Passeur d’ombre qui a sa sécurité en charge.

La romance ici est façonnée sous le signe du triangle amoureux. Une jeune fille succombe aux charmes de deux êtres totalement différents et par dessus le marché, amis. Pas de doute, ce qui l’attire en premier lieu c’est bien évidemment le danger qu’ils représentent. Les Passeurs d’ombre sont une énigme et les femmes aiment les mystères et le danger ^^ Mais ces deux hommes, l’un humain, l’autre surnaturel représentent deux voix possible dans l’amour. Le premier avec la sécurité d’une vie « normale », le second avec la folie d’une vie « aventureuse ». Et tout le récit se balance sur la vague de ce trio, Elianne remettant en question ses vrais désirs d’avenir.

Enfin, ce court récit fait également cas du courage. Nous ne nous retrouvons pas en face d’une gamine que le moindre craquement de branche ferait sursauter. Elle a peur mais se sert de ses craintes pour se donner de la force. Je dirais que l’héroïne est une forte tête impulsive et instinctive. Elle ne répond qu’à ses sentiments sans pour autant devenir trop naïve. Pourtant il semble que le courage et la ténacité aient leur limite. Car, et c’est là que je suis perplexe, un drame survient qui nous laisse une héroïne déconfite.

Mais ce n’est pas pour autant que je la blâme. Le choix de l’auteur d’avoir fait subir des choses atroces à son héroïne, donne un souffle surprenant à toute la fin de l’histoire qui évidement ne se termine pas comme on aurait pu l’imaginer. Anne Rossi classe son récit dans le genre Romance, et toute l’histoire tourne autour d’un choix à faire. Elianne serait-elle finalement faite pour vivre dans les ténèbres où n’a t-elle pas les ressources suffisantes pour affronter toute la violence qui règnent dans les Terres Noires ? Et ce choix se situe évidemment dans les tourments de son cœur … L’amour ou la normalité ? Le danger ou la sérénité ?

Même si la fin n’était pas forcément celle que j’aurais espéré, je me dis que l’auteur a certainement essayer de raisonner humainement et non pas comme une héroïne de fantasy ;)

Autre point, pour finir, que j’ai grandement apprécié, c’est qu’en à peine 100 pages, Anne Rossi, sans l’aide de descriptions incroyables est parvenue à instaurer une ambiance et un climat à son récit. Avec le recul je trouve ça même surprenant d’avoir réussi, l’air de rien, à nous faire marquer des pauses nous poussant à imaginer les lieux dans lesquels évoluent les personnages. Les forêts pétrifiées, les marécages obscures et effrayants, les lacs aux profondeurs noires inquiétantes … Sans s’étaler, elle réussit à nous immerger dans son monde et à nous faire voir les décors qui le peignent.

En bref, je dirais simplement que cette nouvelle doit être abordée comme une Romance évoluant dans un monde Fantasy et non pas l’inverse, ce qui évite d’être surpris par les tournants de l’histoire. Nous n’entrons pas dans une grande épopée, loin de là. En quelques lignes, l’auteur parvient à nous suggérer des thématiques graves mais aussi romantiques. Elle nous bouscule par la violence et les choix difficiles.

Je pense que pour bien percevoir la qualité de ce récit, il faut surtout prendre du recul, car sur le moment il ne paie pas de mine, et la fin est agaçante. Pourtant avec ce recul, en se rappelant que tout est écrit, décrit et développé en 97 pages, la nouvelle prend une autre dimension et ses qualités sont beaucoup plus nettes.

Je lirai donc les épisodes suivant avec plaisir. C’est une très bonne lecture de détente quand on a peu de temps ou que l’on veut faire une pause dans un roman (comme c’était mon cas).

Le livre

Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre

Anne Rossi

Éditions Numeriklivres

Couverture de Valériane Duvivier

97 pages

Gratuit

Challenge concerné

Challenge Littérature de l'Imaginaire9/12

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C’est lundi, que lisez-vous ? (5)

C’est lundi, que lisez-vous ?

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Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Ma semaine n’a pas été bien brillante et je n’ai pas du tout tenu mes résolutions du coup … Trop fatiguée, pas assez concentrée ? Bref une petite panne quoi …

Donc …

J’ai quand même lu Le Fantôme de Canterville et autres contes d’Oscar Wilde, que j’ai bien apprécié pour le face à face qu’il nous propose avec les pires défauts de l’humanité.

J’ai fait une pause dans ma lecture du moment pour souffler avec une petite nouvelle de fantasy  d’Anne Rossi, Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre. C’est plutôt sympathique et étant donné qu’il s’agit d’une nouvelle sensée être lue en 45 minutes, le rythme est plutôt rapide, tout à fait ce qu’il me fallait.

Que suis-je en train de lire ?

Une grande découverte mais qui demande beaucoup de concentration tellement les descriptions disproportionnées qui forment la base de ce roman, sont présentes. Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer de Mervyn Peake est difficile à lire mais captivant. J’ai bon espoir de réussir à le finir cette semaine.

Fées à la chaîne de Philippe H. Besancenet, que j’ai commencé pour faire une pause dans Titus d’Enfer. Pour l’instant je n’ai pas trop accroché au premier chapitre, mais tout peut changer ;)

Que vais-je lire ensuite ?

Si jamais je retrouve mon rythme de croisière j’aimerais lire

Les portes du secret, tome 3 : Les secrets d’opale de Maria V. Snyder. J’avais beaucoup apprécié les deux premiers tomes et il me tarde maintenant de finir cette série ^^

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Le Fantôme de Canterville et autres contes

Le Fantôme de Canterville

suivi de Le Prince heureux, Le Géant Égoïste et autres contes

Oscar Wilde

Le Fantôme de Canterville

Résumé

Un ministre américain, Mr Otis, emménage avec toute sa famille dans un manoir anglais. Malgré les mises en garde des anciens propriétaires, les Canterville, à propos d’un fantôme qui mène la vie dure et sème le chaos depuis de nombreuses générations, cette famille semble trouver cette histoire très drôle et très moderne, ce qui les conforte dans leur décision d’achat.

Qui du fantôme ou de la famille Otis aura le dernier mot ? Car celle-ci ne semble absolument pas émue par la présence du fantôme et aurait plutôt tendance à le contrarier qu’autre chose …

« Le lendemain, le fantôme se sentit très faible et fatigué. La surexcitation terrible des quatre dernières semaines commençait à faire sentir son effet. Ses nerfs étaient complètement à vif, et il sursautait au moindre bruit. »

Le Prince Heureux

Résumé

Le prince heureux est une magnifique statue devant laquelle tous les habitants aiment à comparer leur existence et à louer la beauté … Seulement, le prince n’est pas si heureux … Alors, lorsqu’une hirondelle, s’apprêtant à faire son grand voyage annuel, vient se reposer en son sein, il lui demande de l’aider à apporter un peu de bonheur dans cette ville qui contient tant de personnes malheureuses …

Mais quel en sera le prix ?

« Quand j’étais vivant et que j’avais un coeur d’homme, je ne savais pas ce que c’était que les larmes, car je vivais au Palais de Sans-Soucis, dont on ne permet pas l’entrée au chagrin. [...] Ainsi je vécus, ainsi je mourus, et, maintenant que je suis mort, ils m’ont huché si haut que je puis voir toutes les laideurs et toutes les misères de ma ville, et quoique mon cœur soit de plomb, il ne me reste d’autres ressource que de pleurer. »

Le Géant Egoïste

Résumé

Un géant vivait dans sa belle et grande demeure, il était tellement fier de son beau jardin que lorsque les enfants, attirés par tant de grandeur et de beauté, venaient y jouer, ils les chassait en leur faisant peur. Seulement le départ des enfants apporta l’hiver sur le jardin et celui-ci ne partit plus. Attristé, le géant regardait par sa fenêtre attendant indéfiniment le retour du printemps lorsqu’il vit un petit garçon esseulé tentant désespérément de monter sur la branche d’un des arbres enneigés .

« Alors le printemps arriva et par tout le pays, il y eut de petites fleurs et de petits oiseaux. Dans le jardin seul du Géant Égoïste, c’était encore l’hiver. Les oiseaux ne se souciaient plus d’y chanter depuis qu’il n’y avait plus d’enfants et les arbres oubliaient de fleurir. Une fois, une belle fleur leva sa tête au-dessus du gazon, mais quand elle vit l’écriteau, elle fut si attristée à la pensée des enfants qu’elle se laissa retomber à terre et se rendormit. »

L’Ami dévoué

Résumé

Un jeune homme dévoué et travailleur avait pour voisin un méchant meunier qu’il prenait pour son ami sincère. Le meunier, persuadé d’être l’incarnation même de la gentillesse et de la bonté, passait son temps à demander des services au jeune garçon qui essayait de faire fleurir ses plantes pour les vendre. Seulement si occupé à travailler pour son voisin, qui le remerciait par le néant et son auto satisfaction, il ne parvint pas à effectuer son propre travail. Ce qui ne chagrinait point le meunier qui lui en demandait toujours plus …

« Il n’est pas bon que j’aille voir le petit Hans tant que dureront les neiges, disait souvent le Meunier à sa femme. Quand les gens ont des ennuis, il faut les laisser seuls et ne pas les tourmenter de visites. Ce sont là du moins mes idées sur l’amitié et je suis certain qu’elles sont justes. Aussi j’attendrai le printemps et alors j’irai le voir : il pourra me donner un grand panier de primevères et cela le rendra heureux. »

Le Rossignol et la Rose

Résumé

Un jeune homme éperdu d’amour pour une damoiselle qui l’a rejeté, pleurait son chagrin expliquant que celle-ci lui avait dit qu’elle irait danser avec lui uniquement si il lui ramenait une rose rouge. Mais impossible pour lui d’en trouver. Alors un beau rossignol, écoutait les lamentations et se posait la question de l’amour et du sacrifice qu’il méritait.

« La mort est un grand prix pour une rose rouge, et tout le monde aime la vie. il est doux de se percher dans le bois verdissant, de regarder le soleil dans son char d’or  et la lune dans son char de perles. Elle est douce, l’odeur des buissons d’aubépines. Elles sont douces, les clochettes bleues qui se cachant dans la vallée et les bruyères qui couvrent la colline. Pourtant l’amour est meilleur que la vie et qu’est-ce que le cœur d’un oiseau comparé au cœur d’un homme ? »

Mon avis

Humour noir et contes cruels … De terrifiantes lectures qu’Oscar Wilde nous donne à lire ici. Non pas terrifiantes parce qu’elles font peur au sens littéral du terme, mais parce qu’elles nous évoquent tout bonnement à quel point les hommes et les femmes sont centrés sur eux même, au point de détruire ce qui les entoure sans même s’en rendre compte …

Cruels, oui, je ne vois pas d’autres termes qui seraient plus adéquates … Certains de ces contes, tel Le Rossignol et la Rose, m’ont empli les yeux de larmes.

Très moralisateur et également très pieu par moment, Wilde met en scène des personnages de l’ordre du fantastique et du merveilleux pour dépeindre une société noyée dans le matérialisme et sans notion du bien et du mal, une société individualiste qui ne se rend pas compte de la beauté et des sacrifices qui forgent leur bonheur.

Et bien que la plume de ces récit soit très infantile, voir même parfois agaçante de simplicité, la profondeur et l’humanité qui en ressort est saisissante. Tellement réaliste qu’elle traverse les siècles et nous somme d’ouvrir les yeux sur notre monde.

En conclusion, une belle lecture à faire ou à lire pour ses enfants. Une ouverture de l’esprit sur les thèmes du sacrifice et de l’égoïsme. Choquante de réalisme car toujours d’actualité …

Le livre

Le fantôme de Canterville

Suivi de Le Prince Heureux, Le Géant Égoïste et autres contes

Oscar Wilde

Traduction de Jules Castier

Editions Librio

Collection Imaginaire

93 pages

2€

Challenge Concerné

wum71/3

La mort n’est pas une fin

La mort n’est pas une fin

Agatha Christie

Résumé

 Égypte, 2000 ans avant J.-C.

Suite au décès de son époux, Renisenb retourne vivre auprès des siens. Lorsqu’elle revoit ses frères et ses amis, son cœur se ragaillardi car tout lui semble tel qu’il était avant qu’elle quitte la foyer familial.

Pourtant, cette paix semble s’assombrir le jour où son père, Imhotep, rentre avec, au bras, sa nouvelle concubine. Il ne faut pas longtemps pour se rendre compte de la méchanceté qui coule dans ses veines. Et peu à peu cette dernière instaure un climat malsain au cœur de la famille.

Lorsqu’elle meurt brutalement, et que tout serait sensé rentrer dans l’ordre, d’autres morts surviennent, décimant peu à peu ce qui reste de cette famille.

Est-ce l’esprit de la concubine qui cherche à assouvir sa vengeance depuis l’autre monde ?

C’est ce que vont chercher à savoir Renisenb, sa grand mère Esa et Hori, l’intendant d’imhotep.

Mon avis

« Il y a un mal qui vient de l’extérieur, qui attaque de telle sorte que tout le monde peut le voir, mais il y a aussi un autre genre de mal, une pourriture qui croît à l’intérieur et qui ne se manifeste par aucun signe visible. Elle grandit lentement, jour après jour, et à la fin le fruit est gâté, entièrement rongé par l’intérieur. »

Qui aurait pu croire que le seul livre d’Agatha Christie (oui je l’avoue) que je possédais ne serait ni une enquête d’Hercule Poirot, ni une enquête de Miss Marple ? Pourtant c’était bien le cas, et j’avoue avoir été surprise au premier abord quand j’ai découvert que l’histoire se situait 2000 ans avant J.-C.

Surprise, oui, mais dans le bon sens, car j’ai adoré me plonger dans cette enquête sortie tout droit de l’antiquité. Une époque où les enquêteurs et les policiers n’existaient pas et où les énigmes si elles devaient être résolues, le seraient par l’unique volonté des personnes concernées.

Donc, Agatha Christie nous plonge dans un drame familial dont le thème récurrent est le deuil. Ironie ou effet de style de l’auteur afin de bien nous mettre dans le bain, nous entrons dans le roman avec la mort pour guide. En effet déjà l’héroïne du roman revient en portant le deuil de son époux. Et nous apprenons rapidement que son père est un prêtre de Ka, gardien des morts. Le ton est donné, car les morts se succèdent, apportant la désolation dans le cœur de la jeune fille.

La haine grimpante et la concurrence dans l’héritage familial, que l’auteur traitent d’une main de maître, nous pousse à voir des coupables potentiels de la mort d’abord de la concubine, puis par la suite des différents membres de la famille, dans chacun des membres de la maison d’Imhotep. Et malgré tout le mal que je me suis donné pour tenter d’identifier moi-même le meurtrier, j’ai fini par me planter en beauté ^^ Et c’est là que je me dis que l’auteur m’a vraiment menée par le bout du nez :D

Comme le disent si bien ceux qui mènent l’enquête, tout le monde, même eux, ont des raisons d’être soupçonnés. Pas un n’échappent à ce fardeau.  Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer de garder en tête la mise en garde (voir plus haut) qu’Hori faisait à Renisenb.

Au delà d’une simple enquête, A. Christie parle de l’âme humaine, et je pense que ce n’est pas par hasard qu’elle a choisit de faire évoluer son histoire dans l’antiquité. Je le vois comme un message pour nous dire que l’humanité a toujours comporté son lot de psychopathes, de tueurs et de mal … Que même derrière des apparences de bonté, il peut toujours se cacher un mal que l’on ne peut discerner que lorsqu’il décide lui-même de se dévoiler.

« Renisenb, tu es jeune et confiante, tu crois que tout ceux que tu connais et que tu aimes sont tels qu’ils t’apparaissent et tu ne sais pas encore tout ce qu’un cœur humain peut contenir d’amer et de mauvais ! »

Au delà d’un simple polar historique, La mort n’est pas une fin est également un livre d’ambiance dans lequel on se plonge volontiers avec pour compagnon le soleil de l’Égypte et la chaleur qu’il répand sur nous. Nous sommes menés par l’enquête mais également par la langueur des personnages évoluant autour de nous, suivant les rites funéraires ancestraux, la vie et les coutumes d’une famille de l’Égypte ancienne.

Ce roman est donc non seulement savoureux par son intelligence et sa finesse dans la mise en scène criminelle, mais aussi par son apport culturel.

Je ne peux donc que vous conseiller sa lecture, qui pour les fans de l’auteur sera peut-être déstabilisant étant donné le caractère historique qu’elle a instauré. Et, pour les non initiés, comme moi, qui ne sont pas familiarisés avec les enquêtes dans la littérature, je vous promets une belle découverte !

 

Le livre

La mort n’est pas une fin

Agatha Christie

Traduit de l’anglais par Michel Le Houbie

Titre original : « Death Comes as the End »

Éditions Librairie des Champs-Elyzées

(Aujourd’hui Éditions du Masque)

Collection Club des Masques

251 pages

5.60€

Challenge concerné

agatha2j1/10

 

C’est Lundi, que lisez-vous ? (4)

C’est lundi, que lisez-vous ?

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Rendez vous initié par Mallou qui s’est inspiré de It’s Monday, What are you Reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books. Galleane a repris la relève.

 

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Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Les Chemins de Camelot, tome 1 : Les Ombres de Camelot de Sarah Zettel qui fut une très sympathique plongée dans les légendes arthuriennes dont l’histoire est principalement axée sur les quêtes du Chevalier Gauvain. Une chouette adaptation de la légende du Chevalier Vert et de Dame Ragnelle.

Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley ! Il était temps que je lise ce grand classique de la littérature de science fiction … Un livre qui m’a littéralement happé par son effrayante justesse ! Quelques passages un peu compliqués dus à une stylistique irrégulière mais que je soupçonne être préméditée … Bref un livre à lire !

La Mort n’est pas une Fin d’Agatha Christie qui m’a sortie complètement des mondes imaginaires dans lesquels j’aime me lover, mais j’ai été très agréablement surprise et captivée par l’intrigue ! Ce fut une découverte pour moi qui n’avait encore jamais lu cet auteur pourtant symbolique et j’ai hâte maintenant de lire ses autres œuvres !!

Que suis-je en train de lire ?

Le fantôme de Canterville d’Oscar Wilde. Un classique du fantastique lu il y a bien longtemps mais dont je n’ai plus aucun souvenir et que j’ai très envie de me remémorer !

Que vais-je lire ensuite ?

Emma de Jane Austen, un auteur que j’aime beaucoup et que j’ai abandonné depuis trop longtemps.

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer de Mervyn Peake est un livre qui m’intrigue énormément et qui a suffisamment dormi dans ma bibliothèque !

Le Meilleur des Mondes

Le Meilleur des Mondes

Aldous Huxley

Résumé

Dans une société utopique dans laquelle les hommes n’éprouvent plus que ce qu’ils doivent éprouver pour le bien être commun, dans laquelle tout est contrôlé, de la naissance jusqu’à la mort, du travail aux activités d’agrément, certains ont pourtant quelques facultés à ressentir la frustration de leur situation. Lorsque l’un d’eux fait entrer un « Sauvage », c’est à dire un être né et issu de l’ancienne civilisation, dans leur monde parfait, le bien fondé du nouveau monde est remis en question.

Mon avis

  »Le monde est stable à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu’il veulent, et ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance de la passion et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères et mères ; ils n’ont pas d’épouses, pas d’enfants, pas d’amants au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes. Ils sont conditionnés de telle sorte, que, pratiquement, ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le Soma … »

Lobotomie …. Voilà le premier mot qui me vient à l’esprit quand je repense à ma lecture. Non pas qu’elle m’ait lobotomisé moi, n’est-ce pas, mais pas loin vu la difficulté que j’ai éprouvé à laisser ce livre pour aller me coucher … Pourtant, ce n’était pas une lecture facile à faire et certains passages m’ont donné du fil à retordre … Mais surtout ce que je retiens dans ce livre c’est le coup de pied aux fesses que nous met l’auteur. Au final on se prend une bonne leçon de moralité sur toutes les idées utopistes qu’on rêverait de voir apparaître dans le monde … Et ce qui le rend effrayant c’est que ce monde qu’il nous expose, avec notre technologie et notre science actuelle, pourrait s’avérer réalisable … Ce livre est un électrochoc et que l’on aime ou pas le style utilisé par l’auteur pour le mettre en place, j’aurais tendance à dire qu’il devrait être lu par un bon nombre de personnes trop idéalistes …

« Un bâtiment gris et trapu de 34 étages seulement. Au dessus de l’entrée principale, les mots : Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central, et, dans un écusson, la devise de l’État Mondial : Communauté, Identité, Stabilité. »

Ahhhh en apparence tout est parfait c’est sur !!! Dans ce monde idéal, les naissances sont contrôlées au mètre prêt (ce n’est pas une image), chacun naît dans un but bien précis et non grâce au hasard de la nature car la procréation est parfaitement interdite BEURK ! Mère est une insulte dans le monde civilisé ! Dans ce monde, tout le monde aime ce qu’il fait, car chacun est conditionné a aimer son travail quelle qu’en soit la tâche. Les plaisirs individuels sont interdits, car ils vont contre l’esprit de communauté. On doit tout faire ensemble, personne n’est jamais seul. Les gens sont programmés pour tout même la réflexion, car réfléchir par soit même risquerait de mettre en péril la stabilité et le bien être commun par extension ! Et le sexe !!! Le sexe doit être pratiqué par tous, le plus souvent possible et dès le plus jeune âge ! Les cours de récréation ne sont pas faites pour jouer mais pour découvrir les joies de la sexualité. Pas de couple, les gens appartiennent à tous et doivent se donner à tous ! La fidélité est une hérésie dans ce monde parfait car elle entraîne des passions violentes et nuit à la stabilité. Bref vous l’aurez compris tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et si on a un coup de mou, pas de soucis, on peut se droguer autant qu’on le souhaite, le Soma est là pour ça (j’ai bien aimé ce jeu de mot entre sommeil et coma qui veut bien dire ce qu’il dit finalement : état végétatif) …

Mais les gens sont parfaitement heureux …. Seulement à quel prix ?

Le livre se découpent en 3 parties.

La première est une présentation de cette nouvelle civilisation parfaite. Un passage je dois l’avouer très dur à lire non seulement par le style que l’auteur a décidé sciemment d’utiliser (je m’expliquerai plus loin), mais également par le choc des images qu’il nous met en tête pour nous expliquer comment les nouveaux dirigeants du monde sont parvenus à faire le meilleur des mondes …

Donc un style très difficile … D’abord par la présence de termes scientifiques pointus qui auraient tendance à agacer mon petit esprit de littéraire. Il m’a fallu m’accrocher en me disant que je devais en passer par là pour comprendre le monde dans lequel j’étais en train de m’immerger. Je l’ai fait, et bon sang même si cette partie était très importante et intéressante, c’était également un enfer. Déjà je m’éloignais du monde parfait ^^ Ensuite, je me suis demandé si l’auteur ne s’était pas drogué en écrivant son récit, oui oui je vous promets … En arrivant dans les dialogues entre différents personnages, j’ai commencé à me perdre dans un tourbillon d’incompréhension totale. Ces dialogues étaient complètement confus. Des phrases par ci par là sans queue ni tête, au point de ne même plus savoir à qui s’adressait untel … Je me suis figurée un film ou la caméra tourne sur un cercle de personnes dont on prend quelques paroles au hasard. C’était un peu ça finalement, mais surtout un acte prémédité de l’auteur pour nous prouver quelque chose : d’une part, non il n’est pas fou, mais le monde dans lequel il nous fait plonger lui l’est complètement. Les gens n’étant pas investis d’un esprit de réflexion parlent souvent pour ne rien dire, ils s’extasient de chose sans aucune importance et s’insurgent contre tout ce qui est beau et a de la valeur. On se rend compte qu’en fait dans un monde parfait, il faudrait être relégué à l’état de réflexion infantile permanent. Mais attention par n’importe quel genre d’enfants : le terme le plus exact serait surement des légumes capables de marcher et de parler ! Et c’est là que le troisième point entre en jeu le choc … Pour faire des êtres complètement dénués de sentiments il faut en passer par une lobotomisation totale dès  le stade embryonnaire dans les tubes à essai. Et cette partie nous montre toute l’horreur de ce que signifie de mot parfait. Les bébés sont torturés pour savoir ce qu’ils doivent aimer ou ne pas aimer, et pour ne pas aimer quelque chose on induit dans leur mémoire la peur. c’est un passage qui m’a fait frissonner … Tout le principe de conditionnement est affreux, entre les tortures infantiles pratiquées et les phrases chocs qu’on leur fait passer en boucle durant leur sommeil des milliards de fois durant toute leur croissance … Ce n’est plus de l’ordre de l’humanité … Surtout quand on apprend que chaque embryon est traité (dans son sens scientifique) de telle façon à ce qu’il grandisse dans une classe sociale particulière. Car le monde parfait à ses castes, c’est une obligation pour faire fonctionner correctement le monde. Mais chacun à sa place et pour éviter tout débordement il faut les conditionner …

« Et c’est là, dit sentencieusement le Directeur, en guise de contribution à cet exposé, qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : Faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper ».

« Ils grandissent avec ce que les psychologues appelaient une haine ‘instinctive’ des livres et des fleurs ».

Pourquoi enlever toute forme de beauté et d’art de la conscience des gens ? Car ils sont fait pour travailler et faire travailler. Tout ce qui est inutile au travail ne doit pas intervenir pour les distraire. Les distractions sont calculées. Seul ce qui apporte du travail est autorisé. Ainsi nous découvrons que le meilleur des monde c’est également celui du capitalisme. Un capitalisme tellement puissant que Dieu n’existe plus. Dans ce monde, vous n’entendrez personne s’exclamer « Oh mon Dieu ! », non mais vous entendrez « Oh Ford ! » …  Le grand administrateur de ce monde, se fait nommer « Sa Forderie » … Huxley pousse tellement loin le jeu qu’il nomme même ses personnages par des noms évocateurs : Lénina, Foster, Trotsky, j’en passe et des meilleurs …

Bref une première partie brutale et qui donne déjà à réfléchir bien qu’elle ne s’avère qu’être une mise en bouche pour l’histoire …

« L’amour de la nature ne fournit pas de travail ».

La seconde partie se passe dans les contrées sauvages, c’est à dire celles où le nouveau monde civilisé n’a pas exercé son pouvoir. C’est un passage assez difficile également car l’auteur confrontent des personnes issues du nouveau monde avec d’autres qui ne l’ont jamais connu (ou presque). Mais à partir de là, même si le côté sauvage et primitif est peut-être poussé à l’extrême (vous ne vous y reconnaîtriez pas du tout et y verriez également un côté sauvage), on a la sensation de revenir dans un monde « naturel ». Nous rencontrons non pas des gens civilisé (selon notre propre terminologie), mais des personnes qui vivent avec ce que la nature a à leur donner. Mais ce qui rend les choses difficiles à lire ici, c’est surtout que la nouvelle civilisation a fait de ces contrée sauvages, une sorte de zoo pour distraire son peuple. Ainsi on s’y rend comme on se rendrait dans un safari. C’est pas jolie jolie. Et c’est ici que nous allons rencontrer notre héros si on peut dire qu’il y a un héros dans cette histoire … John, fils de la nouvelle civilisation qu’il n’a jamais connu car sa mère s’est perdue lors d’une de ces visites dans les contrées sauvages et a du y rester … Né naturellement, il se retrouve à la fois exclu du nouveau monde et de celui dans lequel il vit car il a la peau blanche, et ne fait donc pas partie de du clan … Mais sa rencontre avec un « Delta plus », ayant plus ou moins la faculté de penser (j’ai bien dit plus ou moins), va lui faire découvrir le monde parfait.

Nous voici donc dans la troisième partie, la plus intéressante, celle qui donne à réfléchir et la plus propre au niveau du style. le « Sauvage » est donc amené dans le monde civilisé et il va découvrir chaque jour un peu plus ce que l’on nomme la perfection. Émerveille tout d’abord il va de jour en jour comprendre qu’on le prend pour un singe garant de la notoriété de celui qui l’a fait venir. Mais également il va déchanté quand il va comprendre que toute forme de discussion intelligente est impossible, que l’amour est source d’interrogation pour ses interlocuteurs. En effet, le seul livre que John a jamais connu est celui d’un recueil de Shakespeare, et nous nous trouvons face à nombreuses citations qui lui permettent à lui de donner un sens à beaucoup de choses. Mais surtout qui vont lui faire comprendre à quel point il n’est pas à sa place dans ce nouveau monde. John s’avère finalement être un intrus dans le monde entier. Il n’a sa place nulle part. Le passage le plus fort est pour moi sa discussion avec « Sa Forderie ». Un passage fort en émotions et très perturbant. Car le grand administrateur est doué de pensée lui, c’est lui qui décide de ce qui est autorisé et de ce qui est prohibé : amour, religion, etc. Et il explique tout, depuis le début, avec force et intelligence. Il en est choquant ! Cette confrontation entre l’ancienne et la nouvelle civilisation est une claque.

Donc pour conclure je dirai simplement que ce livre est incroyable. Peut-être pas facile à lire de premier abord, peut-être parfois indigeste, mais l’auteur sait capter notre attention sur les dangers que représente la volonté de faire un monde parfait. Il y a un prix à payer pour cela et pas le moindre : la liberté.

« Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitives ? … Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies; Et peut-être un siècle nouveau commence t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront au moyen d’éviter les utopies et de retourner à une société utopiques moins « parfaite » et plus libre. » (Nicolas Besdaieff)

Le livre

 Le Meilleur des Mondes

Aldous Huxley

Traduit de l’anglais par Jules Castier

Titre original : « Brave New World »

Éditions France Loisirs

9.99€

410 pages

Challenge concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire8/12

 

SFFF1/9 (SF)

Les Chemins de Camelot, tome 1 : L’Ombre de Camelot

Les Chemins de Camelot, tome 1

L’Ombre de Camelot

Sarah Zettel

Résumé

 La paix d’Arthur règne depuis dix ans, mais alors que les saxons fomentent des plans pour écraser le Haut-Roi, la jeune Rhian, fille de vassal attend désespérément que son père accepte de la marier … Pourtant celui-ci renvoie tous les prétendants de la belle jeune femme…

Lorsqu’elle surprend une discussion mouvementée entre ses parents, elle comprend que son père l’a vendue à un sorcier alors qu’elle n’était pas encore née. Rhian prend donc la fuite, espérant ainsi éviter le funeste destin qui se présente à elle. Mais alors que le sorcier l’attend au détour de la forêt pour prendre son dû, le magnifique chevalier Gauvain, monté sur son beau destrier blanc, vient la secourir et décide de la prendre sous sa protection et de l’amener à Camelot. 

Mais le chemin vers l’honneur et l’amour est semé d’embûches …

 » Tout ceux qui pratiquent les arts et les sciences doivent être approchés avec circonspection. »

 

Mon avis

 Une très sympathique lecture qui m’a replongée dans le monde des légendes arthuriennes.

C’est avec beaucoup d’avidité que j’ai parcouru les lignes de ce roman, qui offre une nouvelle dimension à la mythique rencontre entre Gauvain et le Chevalier Vert et à l’histoire relatant le mariage de Gauvain et de Dame Ragnelle.

Premier tome d’une série comprenant actuellement 4 livres, Sarah Zettel, fait revivre aux fils du roi Lot les grandes aventures des quêtes arthuriennes, y insérant la sorcellerie mais surtout l’amour.

Ici, nous suivons donc le chevalier Gauvain, homme d’honneur  et homme d’amour, connu aussi bien pour ses actes valeureux que pour son cœur d’artichaut incapable de résister à l’appel des femmes en détresse. Mais pourtant, il n’est ici que le personnage secondaire de l’histoire. Disons qu’il sert le roman afin de donner à sa quête une âme, quelque chose de plus profond que le simple appel de la gloire : cette âme, c’est Rhian, la belle et courageuse fille d’un vassal du Roi Arthur, au destin tragique.

N’ayant absolument rien lu sur ce roman avant de le commencer, je l’ai abordé tout simplement comme un livre de fantasy dont l’histoire se situait durant la grande époque arthurienne. Mais au fil des pages j’ai commencé à comprendre mon erreur, car non seulement l’auteur s’est inspirée des histoires légendaires du chevalier Gauvain, mais elle a également donné un côté enchanteur à son récit en y incorporant la sorcellerie et une grosse pointe de conte de fée. Et elle a suivi sa trame parfaitement et a su m’engager à fond dans la folle poursuite de nos deux héros.

« N’ai-je donc pas d’autre choix . dois-je me laisser emmener par un sorcier noir et vivre ou mourir selon son bon plaisir, et qui sait ce qui serait le pire des deux ? Ou dois-je vivre dans le silence derrière des murs de pierre, vêtue de noir et de gris, et ne connaître que le labeur et la prière ? »

Ici, point de quête du Graal !
Nous avons plutôt à faire à une quête d’amour et d’identité entre une jeune fille cherchant sa place dans un monde qui se présente très mal, et un homme à l’honneur sur, mais tellement frivole qu’il ne connaît pas la loyauté qu’implique l’amour.

Tout d’abord, ce que j’ai vraiment apprécié dans la lecture de ce roman c’est la rythmique implacable du livre. En effet, presque toute l’histoire va de rebondissement en rebondissement. Premièrement, le rythme est maintenu par le fait que nos héros sont quasi intégralement en mouvement, ils fuient inlassablement avec l’espoir d’échapper au drame qui se profile sur le destin de Rhian. Mais en plus de courir les forêts (qui soit dit en passant ajoutent un côté enchanteur incroyable à l’histoire), chaque recoin d’ombre offre son lot de surprises et d’aventures. Car ne l’oublions pas, les saxons cherchent également à faire tomber le roi Arthur, et comment mieux entreprendre le projet qu’en s’attaquant directement à l’un de ses chevaliers ! Donc nos héros sont sans cesse aux prises entre le sorcier cherchant à capturer la belle Rhian et les Saxons leurs tendant des embûches à tout bout de champ … Mais c’est dans leur combat incessant que les deux se découvrent … et que nous les découvrons également …

Ensuite ce qui apporte de la valeur à l’histoire c’est l’appropriation que l’auteur s’est faite de deux légendes qui n’ont aucun rapport entre elles à l’origine, si ce n’est Gauvain. Donc une adaptation totalement libre et pourtant que j’ai trouvé sonner très juste. En effet, le récit n’en paraît pas décousu pour le moindre sou. Au contraire, l’auteur a su manipuler ces légendes, tisser une histoire autour pour en faire un récit sensé. Car c’est vrai que les quêtes arthuriennes n’ont pas toujours de sens à mes yeux. Prouver son honneur, ok mais dans quel but ?  Épouser un monstre, pas de problème … mais pourquoi ? Là l’auteur, sous le couvert des thèmes de l’amour, de la loyauté et de la protection, ce qui ne trahit pas les histoires d’origine, apporte plus de profondeur et nous permet de voir de façon plus claire les véritables points importants, les motivations de ces quêtes. Et le tout en apportant la légèreté d’une romance de fantasy ! Que demander de plus ?

Un petit mot sur les personnages et le texte maintenant …

Ne cherchez pas Arthur, Guenièvre ou encore Lancelot. Nous les rencontrons mais de façon relativement brève et leur importance dans l’histoire reste très minime. Non, le roman axe véritablement son histoire sur deux couples de personnage. D’abord Rhian et Gauvain, bien évidemment, ensuite le sorcier Euberacon et la sorcière Kerra.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Rhian et Gauvain, bien que leur relation très courtoise, même dans l’intimité (j’imagine pour conserver un peu de ce parler moyen-âgeux dans la façon s’adresser à son interlocuteur), nous écarte un peu du chemin de l’identification. Mais en dehors de cela, ils restent tous deux très touchant à leur manière. Le personnage de Rhian en particulier, car peut-être plus approfondi, marque par sa fraîcheur et surtout sa bravoure. Dès le début de l’histoire elle nous apparaît comme étant tout sauf une jeune dame noble. Montant à cheval et partant, arc et flèches sur le dos, à la chasse avec ses chiens … Vous auriez vu ma tête en l’imaginant vêtue de ses beaux atours et de son voile tout propret battant la forêt en quête d’une proie Oo. Elle est un paradoxe, mais surtout un symbole de liberté à la fois doux et sauvage. Ce personnage qui est régulièrement mis en péril est courageux. Prompt à accuser les coups et à analyser ses possibilités. En rien elle ne se présente comme une victime et je dois admettre que c’est agréable. Oui elle pleure, mais c’est pour toujours mieux se relever et affronter ses démons. Gauvain est d’ailleurs conquis par cette force naturelle qui émane d’elle. J’imagine qu’en quelque sorte il découvre en elle son double féminin. J’ai moins de choses à dire sur lui d’ailleurs. Gauvain est Gauvain, et je pense que même si l’auteur l’a un peu modernisé, il reste l’image du chevalier loyal dont on met l’honneur en jeu … Ici nous suivons un Gauvain qui cherche à prouver au monde qu’il est bel et bien amoureux cette fois. Seulement, il cherche lui-même à se convaincre. Et cela met le doute dans nos esprit. Jusqu’au bout, on doute de lui et de sa capacité à être un homme fidèle, loyal en amour et pas qu’envers son roi. Ce sont des passages difficiles à digérer parfois. On aurait envie de lui mettre des baffes !

Le couple (qui n’en est pas un au sens propre du mot) Euberacon et Kerra … Ils instaurent chacun à leur manière le malaise. Hmmm je dois dire qu’en fait, les grand sorciers pour lesquels il se font passer, bien que leurs illusions soient scandaleusement efficaces et effrayantes, ont du mal à me convaincre. Pour être honnête, chaque fois que le personnage d’Euberacon apparaissait, j’avais l’impression (pour ceux qui connaissent), de voir le Raspoutine du Dessin-animé Anastasia … A la fois flippant et pitoyablement grotesque. Les deux s’allient afin de mieux se trahir, et chacun dans un but  qui se rejoint : faire tomber Camelot et devenir maître absolu. Pour cela, ils choisissent d’ensorceler l’esprit des saxons, et de frapper là où ça fait mal en détruisant Gauvain. Ils sont prêts à tout pour cela et même à faire appel aux anciens dieux, et c’est ainsi qu’apparaît le Chevalier Vert.

Pour ce qui est de l’écriture … C’est un livre qui se lit très facilement. Même si l’auteur tente parfois d’intégrer des mots enjolivés et un parler moyen-âgeux, à la limite cela donnent du caractère au récit, mais jamais n’en fait un texte indigeste. Au contraire, c’est un livre qui par la traduction me dit que j’aurais grande facilité à le lire dans sa langue d’origine. Et je pense que je le ferai pour les tomes 3 et 4 qui ne sont pas encore parus en France. Car j’ai vraiment bien accroché au style.

Je vous disais que ce roman me rappelait les contes de fée, je terminerais donc la dessus … Pensez à la princesse prisonnière en son donjon, aux prises d’un sorcier maléfique, au prince charmant prêt à affronter ses pires cauchemars et la mort pour la libérer à la fois de sa tour et de ses maléfices … Vous-y êtes ? Voilà, c’est ça. Ajouter un peu de piment avec une princesse rebelle au caractère bien façonné, qui sait réfléchir et se battre, voilà vous êtes dans les Ombres de Camelot ^^

Un livre que je conseille à ceux qui aiment les adaptations des légendes arthuriennes, qui ne se prennent pas la tête avec les détails stylistiques, et donc à ceux qui veulent juste prendre du bon temps, lire pour lire ;)

Le Livre

Les Chemins de Camelot, tome 1 : L’Ombre de Camelot

Sarah Zettel

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne-Virginie Tarall

Titre original : « Camelot’s Shadows »

Editions Milady

405 pages

E-Pub

22.40€ (format papier)

9.99€ (format numérique)

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Challenge concernés

 

Challenge ABC 20141/26

 

Challenge Littérature de l'Imaginaire7/12

13864015381/13

 

banniere1/10

 

légende arthurienne1/15

 

 

Héros ou couples inoubliables (2)

Héros ou couples inoubliables

Rendez-vous proposé par Cassie

Du blog L’évasion par la lecture

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Cette semaine, j’ai très envie de parler d’un héros dramatique. D’ailleurs, quand on me demande quel personnage m’a marqué dans la littérature classique, c’est toujours ce nom qui arrive sur mes lèvres.

Julien Sorel

Héros du splendide Le Rouge et le Noir de Stendhal

Pourquoi ce personnage ?

Parce qu’il dégage quelque chose de fort qu’aujourd’hui on trouverait légitime chez toutes les jeunes personnes : vouloir absolument faire partie de la société et ne pas être exclu à cause de sa classe sociale. Le personnage de Julien Sorel est évidemment poussé à outrance mais il exacerbe également les sentiments qu’on a pour lui. Ce jeune « paysan » intégrant la haute société par tous les moyens et se perdant lui-même par son orgueil et la démesure de ses sentiments est littéralement charismatique.

C’est son désir si absolu de voir sa vie au delà de ce qui était tracé pour lui qui en fait un personnage extraordinaire, quelques soient la finalité de son parcours. Il avait un rêve et rien ne pouvait l’empêcher de tout tenter pour le réaliser.

A l’époque, j’aurais pu dire sans rougir que j’étais amoureuse de ce personnage tellement il me passionnait. Je pense en fait qu’il m’a envoûté comme il l’a fait avec Madame de Renal et Mathilde de la Mole.

 

Est-ce le personnage principal ?

Tout à fait ! Il est le centre même de ce roman qui à l’origine devait s’intituler « Julien ». C’est son parcours que l’on suit de bout en bout. D’abord, dans la maison de son père où il passe ses journées à lire et à rêver de ce qu’il pourrait faire, bouc émissaire de ses frères, détesté par son père pour le peu de cas qu’il fait du travail à accomplir avec eux … Il préfère imaginer sa vie ailleurs, suivant les pas de Napoléon, son héros, ou encore rejoindre le clergé …

Il fait ses premiers pas dans la société en devenant le précepteur des enfants du maire de son village et se prend d’une passion incontrôlable pour la dame de la maison, Madame de Renâl qu’il met un point d’honneur à réussir à séduire et à faire balancer du côté du déshonneur … Cette passion sera d’ailleurs le début et la fin de Julien Sorel et son appétit pour le sublime, le feu de la passion et son rang social vont le dépasser complètement au final . C’est un héros tragique à mes yeux.

Quel aspect du personnage vous l’a fait aimer ?

 

Sa soif d’être libéré des chaînes sociales qui, malgré son éducation et son érudition, le maintiennent fermement attaché à sa condition … La façon dont il se de démène pour essayer de vivre la vie sont il rêve. Même si pour cela il détruit beaucoup de choses sur son passage, lui compris … Son désir de dominer le monde qui souhaite l’écraser est passionnant à lire !

je ne l’admire pas, car il reste un personnage immoral dans le fond, mais quelque chose le rend incontestablement séduisant et profondément attachant.

Extrait

 

« L’horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je n’ai point l’honneur d’appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s’est révolté contre la bassesse de sa fortune.

« Je ne vous demande aucune grâce, continua Julien en affermissant sa voix. Je ne me fais point illusion, la mort m’attend: elle sera juste. J’ai pu attenter aux jours de la femme la plus digne de tous les respects, de tous les hommages. Mme de Rênal avait été pour moi comme une mère. Mon crime est atroce, et il fut prémédité . J’ai donc mérité la mort, messieurs les jurés. Quand je serais moins coupable, je vois des hommes qui, sans s’arrêter à ce que ma jeunesse peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure, et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation, et l’audace de se mêler à ce que l’orgueil des gens riches appelle la société.

« Voilà mon crime, messieurs, et il sera puni avec d’autant plus de sévérité, que, dans le fait, je ne suis point jugé par mes pairs. Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi, mais uniquement des bourgeois indignés… »

 

 

 Le héros de Cassie : Trajan