L’Oeuf de Dragon

L’oeuf de Dragon

90 ans avant le Trône de Fer

George R. R. Martin

Quatrième de couverture

« 90 ans avant les péripéties du Trône de Fer, Aegon, de la lignée royale, surnommé l’Oeuf, court les routes incognito comme écuyer d’un chevalier errant, Dunk. Au hasard des chemins, le duo se voit convié par le fringant Jehan le Ménétrier à participer à un tournois richement doté qui sera le clou des noces de Lord Beurpuits. Au champion ira le grand prix, un inestimable œuf de dragon. Mais il apparaît bientôt que les noces et le tournoi sont un nid d’intrigues et d’ambitions, petites et grandes, et qu’une prophétie annonce de grands événements. »

Mon avis

« Il n’y a plus de dragons. Non, mais il y a des œufs. le dernier dragon en a laissé une couvée de cinq, et ils en ont encore d’autres sur Peyredragon, des anciens remontant à avant la Danse. »

J’ai été assez déboussolée, au premier abord, par ce court récit de Martin. En effet, un peu trop absorbée par le Trône de Fer, je m’attendais plus ou moins à avoir une histoire de la même trempe. Mais pas vraiment au final. Cela ne m’a pas déplu pour autant et j’ai trouvé agréable de découvrir ces personnages aux personnalités détonantes.

Pour décrire un peu ce roman, j’irais simplement dire qu’il est comme un préambule aux multiples intrigues, trahisons, courses au trône et autres manipulations machiavéliques parcourant les lignes de la saga du Trône de Fer. Une introduction ressemblant d’avantage, peut être, à une sorte de récit policier moyen-âgeux, dans lequel les héros se retrouvent malgré eux incités à démêler le fil d’une intrigue.

Il n’y a pas forcément beaucoup de choses à dire sur ce court récit, au risque d’en divulguer des indices qui gâcheraient votre éventuelle lecture, alors je m’arrêterais à simplement vous dire que si vous aimez G.R.R. Martin vous ne serez pas déçu en lisant ce livre dont la plume est toujours aussi intéressante. Mais surtout, il a une fois de plus su travailler ses personnages (surtout L’oeuf, Dunk et le Ménétrier) de façon à ce que nous nous attachions à eux. Trois personnalités totalement différentes et surprenantes, mêlant intelligence, désinvolture et moralité. Ils sont un peu comme les croquis des grands personnages que l’on croisera dans le Trône de Fer.

Sinon ce fut plus qu’agréable de parcourir les routes des Sept Royaumes à nouveau, à une autre époque (celle d’Aerys Ier), avec de nouveaux personnages. Mais surtout, ce fut très intéressant de d’approfondir mes connaissances sur la lignée des Targaryen et des Feunoyr.

Si vous avez adoré le Trône de Fer (en livre), ne vous attendez donc pas à retrouver l’amas de richesses qui s’y trouvent et alors vous ne serez pas déçus. C’est un livre très sympathique à lire. Pour ceux qui ne connaissent pas et reculent un peu devant les pavés que représente la saga, lancez-vous, car cette lecture est une mise en bouche délicate qui pourraient bien vous ouvrir les portes de l’incroyable série :)

Le livre

L’œuf de dragon

90 ans avant le Trône de Fer

George R. R. Martin

Traduit de l’américain par Patrick Marcel

Editions Pygmalion

Titre original : « The Mystery Knight – A Tale of the Seven Kingdoms »

174 pages

15.90€

Challenges concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire21/36

Guerre et Violence dans la Grèce Antique

Guerre et Violence dans la Grèce Antique

André Bernand

Résumé

« Le lecteur aura compris que le dessein de cet essai sur « Gerre et violence dans la Grèce antique » n’estpas d’aligner des scènes d’horreur et des conduites odieuses, pour le plaisir de jeter l’opprobe sur une culture dont nous avons hérité, que nous le voulions ou non. »

Quatrième de couverture

« André Bernand a choisi de reconsidérer l’Antiquité grecque, en s’éloignant des visions trop convenues, des réalités longtemps idéaliées pour souligner l’importance de la violence et de la guerre au sein des sociétés antiques. Sous sa plume, c’est une anthologie saisissante, émaillée de témoignages et de récits peu connus : brutalités, obsessions de la virilité, goût du sang, tueries … Dans un monde qui ignore les droits de l’homme, le plus fort fait la loi, au mépris des traités et des liens du sang. face aux Perses ou entre Grecs, la parole donnée est fréquemment violée. La traitrise est une ruse de guerre plutôt qu’une infamie. On tue jusque sur les marches des autels. La mythologie, avec son imaginaire macabre, ses monstres et ses crimes, contribue à la banalisation de la violence. Le monde grec antique, dont nous nous réclamons a donc connu des formes de violences semblables  celles que connaît notre monde contemporain. Derrière la Grèce du savoir et de la sagesse, on découvre une Grèce de cris et de fureur. Cet essai d’anthropologie historique est une nouvelle leçon de civilisation, aux résonances très actuelles. »

Mon avis

J’ai été tout à fait saisie par la lecture de cet essai sur la violence et la guerre dans la Grèce antique. Non seulement par la forme utilisée pour son écriture, à savoir que l’auteur fait comme un commentaire composé des grands récits de l’antiquité (Hérodote, Xenophon, Homère, et tant d’autres), donc s’appuyant sur les écrits afin de retracer tout la violence, mais aussi par sa plume plus qu’addictive.

Autant j’adore me plonger dans un roman, mais j’appréhende toujours un peu la lecture de documentaires, craignant principalement la monotonie et le côté rébarbatif des auteurs … Pour le coup je suis très satisfaite par cette lecture qui ne m’a pas ennuyée le moins du monde, car en dehors du fait que le thème (Grèce antique) me passionne, le style que l’auteur a utilisé pour faire son essai fait ressortir toute la passion qu’il a mis dans ses recherches, et j’ai bu ses lignes.

« Si l’on aime et admire la Grèce antique, il faut la considérer sous tous ses aspects, qui ne sont pas toujours édifiants »

C’est un fait que lorsque l’on parle de l’antiquité grecque les première choses qui nous viennent à l’esprit sont la sagesse et la beauté d’une civilisation qui nous a beaucoup donné, qui a posé des bases pour notre civilisation actuelle. Une civilisation riche et cultivée, avec des auteurs incroyables dont les récits ont traversé les siècles sans prendre une rides. Pourtant c’est bien en lisant ces écrits que l’on peut réfléchir à la façon dont la vie tournait à cette époque, et finalement le tableau n’est plus aussi rose, il finit même par tourner au rouge sang …

Ainsi il nous rappelle la façon dont les enfants et les femmes étaient traités. Des enfants dont les hommes d’âge mur disposaient tant qu’il étaient juvéniles. Des enfants à qui l’on imposait des traitements effroyables pour les rituels de passages à l’âge adulte. Des femmes qui n’étaient, en général, qu’à peine considérées, des reproductrices chargées de gérer le foyer.

Puis A. Bernand passe progressivement vers des violences d’ordre plus naturelle : le climat, les tempêtes, raz de marées, tremblements de terre et autre catastrophes naturelles qui représentaient un danger mortels permanents pour les habitants des îles grecques.

Mais surtout, là où le texte devient prenant c’est bien lorsque l’auteur nous rappelle avec quels récits les enfants étaient élevés durant cette période. Récits que l’on étudie encore aujourd’hui, à savoir L’iliade et l’Odyssée. Ces grands écrits, magnifiques, ne sont pas moins dépourvus des pires violences et c’est à travers les descriptions sanglantes qui traversent ces textes que l’enseignement des enfants est faites dans l’antiquité. La façon dont on décapitait systématiquement chaque guerrier que l’on tuait, les outrages fait aux morts en général, ainsi utilisons la mort d’Hector et la façon infâme dont Achille a traité sa dépouille … l’auteur nous rappelle également le massacre des prétendants de Pénélope par Ulysse au retour de son périple. Bref, l’essai regorge d’exemples tirés de ces grandes écritures pour nous rappeler que les héros des aventures enseignées baignaient dans le sang, le mensonge, la traitrise et la mort.

Et c’est sur ces modèles que les enfants étaient formés, ces modèles qu’ils admiraient et à qui ils voulaient ressembler.

Mais l’humanité est ainsi …

« Ainsi, considéré du point de vu de la nature, l’homme est spontanément porté à l’injustice et à la violence; Si l’on donnait aux justes l’anneau de Gygès, qui permettait de devenir invisible, ils deviendraient criminels » ‘Platon – La République)

L’auteur ici ne fait pas un jugement sur le comportement des anciens grecs, je pense qu’il porte surtout l’accent sur ce qu’est la nature humaine. Une nature faite à la fois de beauté et d’horreur. Et je pense qu’il nous rappelle que la Grèce antique n’était pas différente, de ce point de vue, de notre propre civilisation. Même si l’on préfère se rappeler de cette époque uniquement ce qu’elle a apporté de bon et de beau. Le tableau de l’humanité n’a jamais été juste noir ou blanc, mais strié, déchiré entre deux forces qui s’opposent.

‘ »Cette Grèce de la violence est à l’image de cette Athéna guerrière, qui fut aussi déesse de la raison et de la sagesse. »

Ainsi tout au long de son essai l’auteur nous fait un étalage des grands crimes et des grandes trahisons qui eurent lieu tout au long de l’histoire de la Grèce antique. Des guerres qui ne cessaient jamais. Un homme grec ne vivaient quasiment qu’en temps de guerre. La paix et le repos n’étaient pas choses aisées en ces temps là. Et les massacres de villages et d’innocents allaient bon train … Il ne fallait pas des rescapés, des fois que ceux ci décident de se venger.

« Avant d’être un peuple, la Grèce antique fut un assemblage de peuplades qui pour s’imposer, utilisèrent parfois les pires moyens. »

Bref … un livre qui fut vraiment riche en émotions autant pour mon petit cœur que pour mon estomac (je vous épargne les mille et un exemple de morts horribles et répugnantes citées dans le livre). Mais la qualité de ce livre réside dans le fait que l’auteur a tellement bien tourné son texte qu’on ne sort pas de la lecture en regardant la Grèce antique d’un œil méfiant et méprisant. Au contraire, on lui donne un caractère plus « humain » et moins « divin ». Même si on aurait peut-être préféré resté un peu naïf sur ce point là. Cela ne nous aide pas à espérer voir un jour l’humanité devenir plus pacifiste, et au regard de l’actualité, je pense même qu’elle est condamnée à rester cruelle et barbare. Car si à cette époque les hommes se battaient « principalement » pour des terres, aujourd’hui n’importe quelle raison est une perche pour s’entretuer.

En tout cas ce fut vraiment une très bonne lecture et très instructive.

Le livre

Guerre et Violence dans la Grèce Antique

André Bernand

Editions Hachette Littératures

Collection Histoires

452 pages

Challenge concerné

challenge l'odyssee grecque

6/10

Riley Jenson, tome 3 : Tenter le Diable

Riley Jenson, tome 3

Tenter le Diable

Keri Arthur

Résumé

Riley suit son entraînement pour devenir, malgré elle, gardienne au sein du Directoire. Mais alors que son entraînement n’est pas fini, son patron décide de l’envoyer dans une mission d’infiltration très dangereuse. En effet, elle doit rejoindre les rangs de « combattantes » ultra sexy de Starr, scientifique effectuant des recherches scandaleuses sur le patrimoine génétique, et les mélanges en tout genre pour créer des créatures monstrueuses et puissantes.

Mon avis

Un tome que j’ai tout à fait apprécié. Une bonne lecture de détente comme on dit. Les aventures de Riley ne sont pas plus ni moins dangereuses que les précédentes, elle risque toujours autant sa peau de louve-vampire, et traîne toujours derrière elle de beaux mâles en quête de  chaleur.

Si le premier tome m’avait interpellé sur la dose de sexe à la ligne, ici, s’il est toujours présent, il se fait moins omniprésent … Que je me fasse bien comprendre, il s’agit malgré tout d’une série où il tient un rôle prépondérant, nous ne pouvons pas demander à une louve de renier l’appel de la lune, bien entendu … Peut être me suis-je tout simplement habituée, ou alors, l’intrigue prend plus d’importance. Et c’est plutôt vers la seconde proposition que je me tournerais.

Moi qui ne suis pas fan généralement, des histoires de génétique en littérature (sauf en ce qui concerne Le Meilleur des Mondes de Huxley), j’avoue que le scénario ici me tient bien en haleine. Pourtant il subsiste toujours une interrogation. Nous savons quelles sont les recherches effectuées, mais finalement la seule chose qui intéresse notre héroïne c’est la destruction des laboratoire. Le résultat en est qu’il n’y a pas beaucoup de développement sur le pourquoi de telle recherches, le but final. peut être le découvrirais-je dans les prochains tome …

Enfin, ce qui est sur c’est que l’instinct maternelle de Riley prend de plus en plus le pas sur l’histoire. Et finalement, à défaut de s’intéresser pleinement à l’intrigue, on se demande si elle parviendra à réaliser son souhait le plus cher … Et avec qui ??!!

Bref, un tome sympathique, surtout pendant les vacances. J’espère que la suite de la série me conviendra tout autant.

Le livre

Riley Jenson, tome 3 : Tenter le Diable

Keri Arthur

Editions Milady

Traduit  de l’anglais (Australie) par Lorène Lenoir

Titre original : « Tempting Evil »

412 pages

7€

Challenges concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire20/36

Challenge ABC 20143/26

Les Murailles de Feu

Les Murailles de Feu

Steven Pressfield

 

Résumé

« Parle moi de Sparte. De sa double royauté. Des trois cent chevaliers qui la protègent. De l’agogê qui entraîne la jeunesse du pays. Des réunions de guerriers, les syssities. »

La fameuse et populaire bataille des Thermopyles a eu lieu … Seul un homme combattant aux côtés des spartiates a survécu : Xeon … Fait prisonnier, il est amené auprès du roi Xerxès et de son historien pour lui raconter qui étaient ces incroyables combattants … Et ce roi qui ne défaillit pas devant les milliers de perses qui avançaient sur lui et ses hommes.

Mais Xéon, ne va pas se contenter de lui expliquer comment se battaient les spartiates, il va lui raconter son histoire, et comment de jeune garçon fuyant une cité ravagée, il est devenu « esclave » à Sparte, et binôme dans l’entraînement d’un futur guerrier lacédémonien.

S’ensuit un récit bouleversant narrant toute la violence et la difficulté qu’il y avait à vivre dans ce monde, mais oh combien l’honneur était grand.

Mon avis

« Les Spartiates disent que n’importe quelle armée peut vaincre tant qu’elle a des jambes, mais que la véritable épreuve commence quand la force a déserté son camp et que la victoire dépend de la seule volonté. »

Un roman historique magnifique que j’ai dévoré littéralement, que j’ai aimé lire et dans lequel je me suis laissée littéralement embarquer sur les côtes de la Grèce antique durant les guerres médiques.

Au départ, je ne vais pas vous le cacher je m’attendais plus ou moins à y trouver la source d’inspiration qu’a eu le réalisateur du film « 300 », et effectivement, je pense que le livre a du lui passer entre les mains, car j’y ai retrouvé pas mal de références assez semblables … Quoique cette histoire reste un fait historique, ne l’oublions pas !

La grande différence se trouvant dans le fait, que même si le roman retrace une des très grandes batailles qu’a eu a effectuer la Grèce contre l’envahisseur Perse, elle n’oublie pas de dire que les Spartiates n’étaient pas les seuls à combattre ce jour fatidique. Nombreux étaient les guerriers ou paysans grecs qui ont tenu auprès des plus grand combattants. Mais surtout, ce que j’ai retenu de cette histoire, c’est qu’elle accentue toute sa puissance dans un seul mot : Résistance.

La résistance …. Un terme qui nourrit le récit de bout en bout. La résistance d’un pays qui était les trois quart du temps en guerre. La résistance d’un peuple face à la cruauté vivace qui parcourait les chemins. La résistance face à la mort elle même. La résistance physique des hommes s’entraînant parfois jusqu’à la mort pour pouvoir, s’ils survivaient, l’affronter encore en combat. La résistance des femmes qui devaient supporter la douleur de voir mourir leurs enfants dans les saccages de villages, ou qui regardaient partir leurs fils et époux dans une guerre dont ils ne reviendraient sûrement pas.

Ce roman, nous enseigne qui étaient les spartiates, et comment ils vivaient l’idée de se préparer dès le plus jeune âge à mourir. Nous les suivons alors, à travers les yeux du jeune Xeon, de leur enfance durant laquelle ils subissent des épreuves terrifiantes, violentes et cruelles, jusqu’à l’âge adulte.

Ce roman nous explique comment la société spartiate fonctionnait. Que sachant que c’était une société de guerriers, probablement voués à mourir de façon précoce, elle avait un système permettant de toujours laisser des fils qui prendraient le relai … Un système de pères et de pairs. Les hommes partant à la guerre devaient avoir un fils pour que la lignée ne s’éteigne pas (père). Et quand ils partaient à la guerre il y allaient toujours avec leur pair, compagnon sur lequel il devaient veiller et vice et versa durant les combats. Bref, une société de fiers combattants, mais également fraternelle et paternelle. Car ce qui compte c’est de protéger celui qui est à vos côtés et de préserver sa lignée.

« On n’enverrait pas de corps d’armée aux Thermopyles ; c’était là une histoire pour affermir la confiance des alliés et stimuler leur courage. Seuls les Trois Cents partiraient, avec l’ordre de résister et de mourir ».

En lisant ce roman, j’ai compris profondément combien le sacrifice de ces hommes a été important pour la Grèce durant cette guerre interminable. Car les spartiates sont effectivement partis à 300 contre des milliers et des milliers de perses. Leur but n’étaient pas de les vaincre, mais de leur montrer à quel point les guerriers de Grèce étaient résistants et forts. Mais surtout de montrer à la Grèce que si ces hommes étaient capables de résister, le pays lui pouvaient vaincre à défaut de s’agenouiller devant l’envahisseur.

Redonner confiance dans un peuple qui ployait devant l’invasion perse …

Durant le récit, nous assistons également à beaucoup d’échanges et de discussions entre spartiates, ce qui leur donne enfin l’apparence d’êtres humains. Ils avaient peur. Oui, ils pouvaient endurer les plus atroces souffrances et malgré tout rester debout et se battre encore et toujours, mais leurs cœurs n’en étaient pas moins ceux d’hommes allant affronter une mort certaine, et la nature humaine a instinctivement peur de mourir.

« Te rappelles-tu cette nuit, Xéon, où nous discutions avec Ariston et Alexandros de la peur et de son opposé ? (…) J’ai la réponse à ma question [...] L’opposé de la peur, dit Dienekès, est l’amour. »

L’amour de sa famille, l’amour pour ses frères d’armes. la capacité que l’homme a à se sacrifier pour ce qu’il aime combat toutes les peurs.

En gros, un roman merveilleux, troublant et puissant. Une perle que je me ferai un plaisir de relire. Une mine d’informations sur un évènement historique marquant de la Grèce antique.

Un roman que je conseille vivement à tous ceux qui sont amoureux d’antiquité grecque.

Le livre

 Les Murailles de Feu

Steven Pressfield

Editions L’Archipel

Traduit de l’américain par Gerald Messadié

Titre original : « Gates of Fire »

428 pages

8.65€

Challenges concernés

challenge l'odyssee grecque5/10

bannièreABC2014-demi-challenge2/13

Addict

Addict

Jeanne Ryan

Résumé

Vee a 17 ans. Elle n’est pas populaire et vit un peu dans l’ombre de sa meilleure amie, la pinup du lycée.

Lorsqu’elle décide sur un coup de tête, après avoir subit une énième frustration personnelle, de participer au défi proposé par le jeu à la mode « Addict »,  qu’elle se voit le réussir et sa quote augmenter, elle ne peut s’empêcher de tenter le défi suivant.

Ainsi elle se retrouve envoûtée par la gloire éphémère que lui apporte le jeu, mais elle va vite réaliser les dangers que peuvent receler ces émissions prêtent à tout pour augmenter leur audience … Car ce que l’on voit et ce qui se cache derrière le rideau sont bien différents …

Mon avis

« Un sentiment de solitude absolue m’envahit : des milliers et des milliers de gens nous ont regardé ce soir, et ça ne leur a pas effleuré l’esprit que nous sommes nous aussi des êtres humains. »

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce livre, je me suis dit qu’il fallait absolument que je le lise. Un thème très accrocheur puisqu’il tombe sur une chose que nous connaissons tous aujourd’hui et qu’il envahit nos télés à longueur d’année : la télé réalité.

Moi qui ne supporte pas ces show, j’étais très curieuse de voir ce que l’auteur, dans un monde fictif, nous apprendrait du danger que ces « jeux » peuvent couver. Et je dois dire que le chapitre d’introduction était accrocheur et nous mettait bien dans l’ambiance : peur, solitude, danger.

Malheureusement pour moi, ça s’est arrêté là … J’ai été assez déçue par ce roman que j’ai trouvé long et sans fin. Faute au traducteur ou pas, je me suis retrouvée confrontée en plus à des phrases qui n’avaient ni queue ni tête et une fin que je n’ai pas comprise … Bref j’ai presque eu l’impression de perdre mon temps à lire des choses que je savais déjà finalement et qui ne m’a rien apporté de plus, même pas des rebondissements palpitants.

Finalement ce livre ne se veut que refléter la nature humaine dans ses mauvais fonds. L’adrénaline provoquée par le fait de réussir et surenchérir continuellement (l’addiction). La façon dont ces émissions sous couvert de nous offrir le monde, se jouent littéralement de nous et utilisent notre image et notre corps pour leur pur profit. Le côté totalement bête de foire et déshumanisé des personnes que l’on voit dans une boîte. Cela reflète du coup la bêtise humaine de ne pas se rendre compte que ce sont effectivement des personnes et qu’elles peuvent souffrir elles aussi, que la télé ne signifie pas systématiquement que c’est de la fiction.

En fait, l’auteur souhaite discréditer totalement ces jeux en montrant à quel point ils peuvent avoir une influence négative sur nous autres qui regardons, ou participons,qu’ils poussent à faire ressortir le côté vil et cruel qui dort en chacun de nous, notre noirceur.

Et pour couronner le tout, l’auteur met en pièce les réseaux sociaux qui ici contribuent à parfaire totalement le piège qui se resserre sur les joueurs puisqu’ils sont, pour beaucoup, synonyme de ne plus avoir de vie privée …

Bref l’auteur tente de nous immerger dans un monde où l’on pourrait facilement se sentir concerné et voir se mettre à la place de l’héroïne. Seulement à mon goût elle s’y prend mal. Si tout est là pour faire un bon livre, sa plume elle est totalement absente et insipide. En gros je me suis ennuyée à mourir et attendait avec impatience que la dernière page arrive enfin, car oui je n’aime pas du tout abandonner un livre, je garde toujours un espoir de voir une amélioration (>>Naïve<<)

Le livre

Addict

Jeanne Ryan

Éditions Robert Laffont

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabien Le Roy

Titre original : « Nerve »

346 pages

16.90€

Challenges concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire19/36

Divergente, tome 2

Divergente

Tome 2

Veronica Roth

MISE EN GARDE : CET ARTICLE SPOIL LE PREMIER TOME DE LA SERIE ALORS SI VOUS NE L’AVEZ PAS LU, NE PARCOUREZ PAS LES LIGNES SUIVANTES

Résumé

« J’ai découvert que les gens sont constitués de multiples couches de secrets. On croit les connaître, les comprendre, mais leurs motivations nous restent toujours cachées, enfouies au fond de leur coeur. On ne peut jamais savoir qui ils sont vraiment. Mais on peut parfois décider de leur faire confiance. »

 La société telle que la connaissait Tris n’est plus. Son monde a été bouleversé par la simulation effectuée par les Erudits poussant les Audacieux a tuer les Altruistes. Si Tris et certains autres de sa faction d’adoption ont pu résister à cette simulation grâce à leur divergence, leur mental en a pris un sacré coup. En effet Tris doit maintenant vivre avec une culpabilité qui la tenaille littéralement et met sa vie en danger bien trop souvent au goût de Quatre.

Pourtant l’heure de la résistance à sonner, car il est difficile de savoir qui sont ses amis et qui sont ses ennemis dans ce monde tourmenté. Fuir, se cacher, comprendre, trouver des solutions pour survivre, tel est maintenant le quotidien de nos héros.

Mon avis

 Un deuxième tome explosif, que j’ai autant savouré que le premier ! Et j’ai pu me régaler en voyant le film juste avant de lire le second tome, ce qui m’a permis de me le remettre en tête un peu ^^

Le livre n’étant plus très frais dans ma tête, j’avoue que j’ai un peu de difficulté à trouver des mots pour dire précisément ce que j’en ai pensé, alors je vais être assez brève finalement et aller là où mes souvenirs me portent.

D’abord, chose assez rare dans les séries, le roman reprend exactement là où le premier tome nous avait laissé. Directement après la simulation, dans le train par lequel les survivants se sont échappés.

Tris est profondément troublée car elle vient de perdre ses parents et  de tuer  un de ses meilleurs amis. Nous nous retrouvons donc avec une héroïne très amochée. Cependant même si elle a tendance à se mettre facilement en danger, comme une espèce de prix à payer pour les morts qu’elle laisse derrière elle, son instinct et ses capacités d’analyse sont toujours aussi impressionnants. C’est une jeune femme vraiment intelligente, surprenante et bien sur parfois agaçante.

Une héroïne très forte, comme je les aime, mais pas forte dans le sens n’a peur de rien. Bien au contraire, ses peurs et ses faiblesses cumulées à sa culpabilité la rendent encore plus charismatique et plus forte. Malgré elle, qui a tendance à ne pas s’apprécier à sa juste valeur, elle fait preuve d’un courage et d’une férocité incroyable.

Les épreuves la rendent très soupçonneuse et sa confiance n’est plus, au point de mettre sa toute nouvelle relation avec Quatre (Tobias) en danger.

Je dois avouer qu’à ce sujet, l’auteur m’a fait de sacrées frayeurs ^^ Les mensonges, les doutes et les craintes parsèment le chemin de nos deux héros. On sent qu’ils sont perdus bien qu’ils tentent de garder le cap coute que coute.

Concernant le beau et mystérieux Quatre, ce tome est un régal, car on en apprend beaucoup plus sur lui, qui il est, ce qu’il a vécu. Et il se retrouve confronté à des révélations pour le moins perturbantes aussi. Mais la situation révèle son instinct naturel de leader mais pourtant j’ai malgré tout douté de lui à certains passages … l’auteur m’a bien fait mordre l’hameçon ^^

Un tome très sombre au final, bien plus que le premier qui s’avérait être une grande description de la société et des épreuves Audacieuses, avant le grand final. Là nous nous retrouvons dans une quête de la survie, un moment où plus personne ne sait à qui il peut faire confiance, où chacun doute de lui-même. Et jusqu’au bout nous ne savons pas quoi penser de cette guerre qui vient d’éclater, son but ou son déclencheur.

Mais je peux vous dire une chose, c’est que le final est incroyablement surprenant, la révélation qui nous est faite est terrible ! Et je me suis retrouvée scotchée à mon livre à relire les dernières lignes encore et encore parce que je voulais désespérément la suite tout de suite !

En gros, Veronica Roth nous happe littéralement. Si certaines longueurs peuvent parfois ralentir la lecture, cependant le livre dans sa globalité est géniale, et j’attends avec impatience que l’on reçoive la suite à la médiathèque pour pouvoir enfin connaître l’ampleur de ce que la fin du tome 2 nous a révélé !

Le livre

Divergente, tome 2

Veronica Roth

Editions Nathan

Traduit de l’américain par Anne Delcourt

Titre original : « Insurgent »

462 pages

16.90€

Challenges concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire18/36

 

L’Apprentie de Merlin, tome 2 : L’Ogre et le Bouclier

L’Apprentie de Merlin, tome 2

L’Ogre et de le Bouclier

Fabien Clavel

Résumé

Après 15 ans de sommeil profond, Ana se réveille toujours aussi jeune … Elle espère avec impatience pouvoir enfin continuer à suivre l’enseignement de Merlin, mais celui-ci à une autre mission pour elle … Aller à la rencontre du jeune Arthur afin de le convaincre de prendre le trône de Brittania.

Cela ne va pas se faire sans efforts, et les deux jeunes gens vont finir par tomber sous le charme l’un de l’autre … pour le pire ou le meilleur …

Pendant que les jeunes héros voit leur groupe augmenter avec l’apparition des amis d’Arthur, Gauvain, Yvain et Agravain, une menace pèse sur le royaume. Un ogre et ses filles maléfiques se sont emparés des ruines de Camaaloth et sont bien décidés à prendre le contrôle du royaume.

Mon avis

Je suis décidément sous le charme de Fabien Clavel qui,  s’appropriant la légende arthurienne, a réussi à nous sortir une jolie petite série de fantasy tout à fait agréable à lire.

Nous entrons cette fois-ci dans le vif du sujet avec la jeunesse d’Arthur avant son accession au trône de Brittania et l’apparition des premiers chevaliers qui l’accompagneront durant ses aventures. L’introduction de Lancelot était tout à fait surprenante et l’auteur lui a donné une personnalité très austère, mais finalement on n’en attend pas moins de la part d’un personnage si solitaire.

Nous sommes face à des jeunes gens adolescents, à la fois très matures et plein de bon sens mais aussi sujets aux tourments de la jeunesse, tels que l’amour et le doute. Déjà préoccupés par l’avenir du royaume et son peuple. Déterminés et aventureux et courageux.

On peut noter l’absence quasi totale de Merlin qui ne fait son apparition que pour mettre en garde sa jeune protégée. Mais rien de véritablement choquant, puisque comme le titre l’indique, c’est elle l’héroïne du roman et pas l’inverse.

J’ai été assez troublée mais finalement happée par la façon dont l’auteur nous apprend qui est vraiment son héroïne et la place importante qu’elle tient dans la légende arthurienne. On la pensait inventée de toute pièce, mais il s’avère qu’elle représente un des personnages fondamental de l’univers arthurien.

Bref, une belle adaptation (totalement libre et bien inspirée) qui se lit avec une aisance complète étant donné le style souple et régulier. Un vrai plaisir et il me tarde de pouvoir plonger dans le troisième tome de cette série bien que quelques craintes me tenaillent vu la façon dont Fabien Clavel malmène notre jeune Ana …

Le livre

L’Apprentie de Merlin, tome 2

L’ogre et le bouclier

Fabien Clavel

Éditions Mango

Illustration de couverture par Julien Delval

342 pages

15.50€

Challenge concernés

légende arthurienne2/15

Challenge Littérature de l'Imaginaire17/36

challenge 52 semaines

Deuxième Session

Idée n°8 : Un monstre

3/26

LPDA – Avril 2014

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Voici un petit mot pour présenter mes excuses à ma très chère Parthenia à qui j’ai malheureusement posé un lapin monumental pour ce LPDA auquel je tenais pourtant beaucoup !

Souffrant de ce que l’on peut appeler une gigantesque panne de lecture depuis quelques mois maintenant, je n’ai malheureusement pas réussi à lire ne serait-ce qu’un ligne du livre que voulais pourtant dévorer … Donc L’oeil du Monde devra attendre encore un peu que je retrouve mon appétit féroce de lecture … (en espérant qu’il revienne un peu plus vite que ça !)

Parthénia, j’espère que tu ne m’en veux pas trop et j’espère également avoir l’occasion de me rattraper une prochaine fois …

 

 

 

LC – Anno Dracula

Anno Dracula

Kim Newman

 

Voici un petit article non pas pour faire ma chronique de ce livre dont j’avais organisé une lecture commune malheureusement mais pour vous présenter les différents billets que mes co-lectrices ont écrit.

Tout d’abord je tiens a leur présenter mes excuses pour n’avoir pas tenu mon engagement pour cette lecture.

Je me trouve actuellement (depuis 2 bon gros mois) dans une impasse totale pour ce qui est de la lecture et ne parviens pas à finir les livre que j’entame, ayant troqué mon rythme de dévoreuse contre celui d’une tortue en hibernation … Vous voyez le genre ? … Bref c’est un moment assez pénible à passer soit dit en passant quand on aime lire, mais je ne vois pas d’autres moyens que la patience pour y remédier, attendre que mon appétit revienne.

Bref, cela n’est pas le plus important. Car le fait est que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire les chroniques de mes co-lectrices, qui m’ont mis l’eau à la bouche. D’une façon générale elles s’accordent à dire qu’il s’agit d’un très bon roman, même s’il ne s’agit pas de la bombe du siècle. Une histoire marqué par son originalité dans l’entremêlement des personnages mythiques et historiques. La description de ce que serait la société victorienne si Dracula avait survécu, si les vampires dominaient le monde. Mêlant à cela des crimes terribles commis par le plus connu des tueurs en série de l’époque, je ne peux que saliver en imaginant l’atmosphère qui doit régner durant la lecture ^^

Il y a de quoi être intrigué, non ?

Donc je vous invite à découvrir les chroniques de Unity, Sanguine et ImagIn

Je vous remercie encore pour avoir joué le jeu et pour vos belles chroniques alléchantes :)

Basse-Fosse, tome 1 : Le Baiser du Rasoir

Basse-Fosse, tome 1

Le Baiser du Rasoir

Daniel Polansky

Je souhaite vivement remercier les Éditions Folio et le site Livraddict de m’avoir permis la lecture de ce livre par l’intermédiaire d’un partenariat qui m’aura donné l’occasion de découvrir un auteur dont ce premier roman est prometteur !

Résumé

« Il y a quelque chose qui rôde dans Basse-Fosse, craché par le cœur du néant. »

Depuis la grande épidémie de peste qui a saccagé le peuple, Basse-Fosse et les villes qui l’entourent sont protégées par un bouclier magique propulsé et maintenu par Le Héron Bleu, premier thaumaturge du royaume. Seulement lorsque des meurtres atroces sur des enfants sèment la terreur dans les rues, Prévôt, un malfrat, revendeur de drogues, qui découvre le corps de la première victime, décide de s’en mêler et de retrouver l’assassin. Il ne s’attend pas à se retrouver au cœur d’une enquête tragique, surtout lorsqu’il apprend que les enfants disparus portent les symptômes de la peste …

Mon avis

J’ai été très emballée par ce roman à l’atmosphère inquiétante de bout en bout et mise en relief par des personnages atypiques, loin des héros qu’on a l’habitude de fréquenter dans nos récits habituels.

Avant de parler de l’ambiance générale du roman, je me dois de vous présenter le héros de l’histoire … ou devrais-je dire l’anti-héros, car Prévôt est aux antipodes du type sympa avec lequel on a envie de boire un verre. C’est un drogué, doublé d’un revendeur de drogues, assassin à la petite semaine, chargé d’un passé lourd au possible. Un ancien gamin des rues qui a connu la tragédie de la peste et de la guerre et s’est forgé un caractère de dur à cuire à travers toutes les saletés qu’il a vu passer dans sa vie.

« Tu es un drogué et un criminel endurci, tu t’en prends à des pères et des mères et tu flanque des coups de couteau à tous ceux qui se dressent sur ton passage. Tu es devenu ce que tu as toujours haï. »

Et pourtant, ce personnage détient ce quelque chose qui fait que l’on s’attache à lui, cette volonté qui, malgré ce qu’il laisse à penser, le pousse à protéger les plus démunis et à s’en prendre à ceux qui pourrissent les rues … Une sorte de Robin des Bois version gore et sans scrupules.

Durant tout le roman, il veut nous faire croire qu’il n’a pas d’amis ni de famille, pourtant au fil de l’histoire on se rend compte de son attachement aux quelques personnes qui l’entourent, tel que le Héron et Célia, son amie d’enfance, mais aussi et surtout Adolphus et sa femme, ainsi que le jeune gosse qu’il prend sous son aile, Pinson.

Plongeons avec ce personnage dans un décor limite gothique, flirtant avec l’ambiance des rues sordides d’un Londres ou d’un New-York du 19ème siècle dans lesquelles les enfants se font saigner et nous voilà propulsés dans une atmosphère lourde et angoissante. Et ce sentiment nous tient jusqu’au bout de l’histoire, sans pauses ni instants réconfortants.

J’ai trouvé ce roman d’une originalité exaltante, car m’attendant à un livre de fantasy pur et dur, je me suis finalement retrouvée face à  un vrai thriller. L’auteur a effectivement mêler avec une habileté incroyable un monde de fantasy (monde imaginaire dans lequel la magie tient un rôle plus ou moins important), à un récit policier au suspense haletant. Une idée vraiment intéressante et qui gagne à nous surprendre et à nous tenir tout au long du récit. Si je devais comparer ce roman, je le ferais avec le film From Hell, dont il porte assez bien les caractéristiques. D’ailleurs à y regarder de plus prêt, la ressemblance est assez frappante, même si la magie tient un rôle plus important dans le roman.

Et bien que j’ai été complètement séduite par ce roman, certaines faiblesses m’ont sauté aux yeux, que l’on mettra sur le compte du « premier roman ». En effet l’intrigue est vraiment terrible et bien cousue, pourtant, au fil de l’histoire des détails s’accumulent qui nous mettraient vraiment sur une fausse piste si ils n’étaient pas détruit par une seule et unique petite phrase qui a fait redescendre le suspense comme un soufflé … Une seule phrase et j’ai compris que le héros se trompait de route. J’avoue que depuis le début de ses soupçons j’avais du mal à comprendre le mobile qu’il donnait aux meurtres, mais du coup je me suis retrouvée à simplement attendre qu’il comprenne  tout seul son erreur et enfin découvrir la véritable intention derrière les meurtres … Et je dois admettre que cela m’a un peu agacé, même si le final est, non pas surprenant, mais bien mené.

Avec un peu de recul on se rend compte du thème important abordé par l’auteur dans son final, cherchant à nous interroger sur le bien fondé de la peur qu’un changement grave peut entraîner … Même si cela tient sur quelques lignes, ça reste une interrogation qui nous fait tiquer et aborde la notion de la limite entre le bien et le mal ….

Malgré tout j’ai vraiment adhéré et j’adorerais pouvoir lire une nouvelle histoire de Basse-Fosse, car le style est vraiment addictif et sans fioritures. Le décor est captivant, et j’imagine le nombre d’histoires sordides que Prévôt ou un autre héros pourrait avoir à nous conter ;)

Le livre

Basse-Fosse, tome 1 : Le Baiser du Rasoir

Daniel Polansky

Editions Folio (Gallimard)

Collection Fantasy

Traduit de l’américain par Patrick Marcel

Titre original : « The Straight Razor Cure »

illustrations de couverture par Elian Black’Mor

465 pages

8.40€

Challenge concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire16/36

3/12

challenge 52 semaines2ème version : Idée n°35 : Du sang

3/26

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit

Le Mur de la Nuit, tome 1

L’Héritière de la Nuit

Résumé

Malian est une jeune fille sur qui pèse un lourd destin. en tant que fille unique du comte de la Nuit, elle est son héritière, ce qui implique la responsabilité de protéger son peuple. Et pour cela elle est bien malgré elle isolée et seule. Pour passer le temps, elle se faufile dans les entrailles du Vieux Château et explore ses dédales en rêvassant aux histoires fantastiques relatant l’épopée de l’héroïne Yoridesarinen. Mais une nuit, une voix sortie de nulle part lui hurle de s’enfuir … En effet le Château des Vents est attaqué par son ennemi le plus ancien : l’Essaim. Et ce qu’ils veulent c’est elle. Elle parviendra à sauver de justesse le Château grâce à l’apparition de ses pouvoirs … Malheureusement, le fait qu’elle développe des pouvoirs implique deux choses terribles pour elle : d’une part son père ne le supportera pas, et voudra l’exiler, d’autre part, d’autres verront en elle l’élue de la prophétie, celle qui est promise à sauver son peuple.

Mon avis

« On m’a promis, cependant, alors que je rendais mon dernier soupir, qu’une autre viendrait unifier les Deraïs, et que celle-ci ne serait pas seule. On m’a promis également que je pourrais l’attendre, car elle aurait besoin de mon aide. »

Voilà un roman que j’ai beaucoup apprécié ! Garni et complet, un style qui donne envie de s’y replonger sans soucis pour connaître quel sera le destin de notre jeune héroïne. En effet, l’auteur a crée un monde plutôt sympa, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est vraiment original, mais il reste atypique par certains côtés, ce qui le rend vraiment attrayant ! Il s’agit là d’une introduction à une série de livre, et il n’est pas toujours aisé de faire cela sans ennuyer les lecteurs sous des tonnes de palabres permettant d’instaurer le background nécessaire pour explorer et connaître le monde dans lequel on se balade. Pourtant l’auteur a su mener son récit de façon à ne jamais relâcher notre attention.

Ainsi, d’entrée de jeu, nous plongeons dans l’action avec l’attaque du Château des Vents, et nous découvrons une partie de l’histoire et de la magie qui opère dans ce monde. Et c’est pour ainsi dire sous cette construction que se poursuit le reste du roman. Nous explorons le passé et ce qui a mené les Deraïs à rejeter la magie à travers les aveux de certains personnages au fil du récit. Et, l’air de rien, l’auteur implante la trame de son histoire en mêlant le passé et le présent. Ce qui nous mène droit vers la prophétie.

J’ai l’impression que les prophéties ont trouvé le ticket gagnant ces derniers temps dans la littérature ^^

Quoiqu’il en soit, notre jeune Malian se retrouve malgré elle à devoir suivre les pas de son héroïne. Bien qu’elle aime particulièrement lire les histoires qui relatent ses exploits, jamais Malian n’aurait imaginé qu’elle puisse être au centre de celle qui s’écrit aujourd’hui … Pourtant, elle va devoir se faire à cette idée, car tous les indices se font preuves de son destin tragique. Et pour commencer, Malian ne va pas avoir le choix : elle doit fuir afin de développer ses pouvoirs et revenir quand elle sera prête pour détruire l’Essaim et unir les peuples. Dur pour une gamine qui se sent si « ordinaire ».

Un point que j’ai noté c’est l’incroyable présence des femmes dans le récit. En effet, l’auteur (une femme) a donné une véritable importance aux rôles féminins dans son intrigue. Ainsi, effectivement nous avons une jeune fille dont le destin est déterminant pour l’avenir de son peuple, et qui suit les pas et les enseignements de celle qu’elle admire depuis sa plus tendre enfance, sauveuse de son peuple cinq cents ans plus tôt, Yorindesarinen. Pour l’aider dans l’accomplissement de son œuvre, nous avons d’abord la charismatique Asantir, capitaine de la garde, considérée comme la meilleure guerrière, Nhairin, l’intendante du Château mais qui je dois l’avouer fait un peu pâle figure à côté de ses camarades. Nous pouvons enfin évoquer Korriya, la grande prêtresse mais dont l’histoire n’est pas très développée encore, mais j’espère en apprendre plus sur elle dans la suite. Bref u livre très féminin et le pauvre jeune homme qui suit Malian comme son ombre, Kalan, doit se sentir bien seul parfois ;)

Voilà donc toute une panoplie de personnages dont pas un seul n’est vraiment mis de côté. ils ont tous un passé que l’on ne demande qu’à connaître. l’auteur a vraiment réussi a leur donner une âme et instaurer une sorte de mystère au dessus d’eux qui pousse notre curiosité. J’ai d’ailleurs vraiment apprécié une chose en particulier que j’ai trouvé assez drôle en fait; L’impression qu’à chaque question qu’on se pose sur un personnage, vient à un moment la réponse. Comme si l’auteur avait prévu et tenu compte (ce qui n’est pas toujours le cas) des éventuelles interrogations qui pourraient naître au cour de la lecture.

Mais, si je devais citer un personnage qui sort vraiment du lot, bien que j’apprécie Malian et Kalan, c’est vraiment Asantir. Elle a une vraie présence, elle est imposante et mystérieuse. J’aime vraiment ce personnage et il me tarde de découvrir ce qu’elle cache. Et j’espère que ça ne sera pas pour le pire ^^

Enfin, pour parler un peu de l’originalité du roman, je pense qu’elle se situe surtout dans la création du monde et de la magie qu’elle y a implanté. En effet, a un moment, nous apprenons d’où viennent les Deraïs, chose assez rare, les romanciers s’attardant rarement à nous expliquer l’existence d’un peuple. Et j’avoue que cela donne un attrait à l’intrigue et nous permet de nous poser beaucoup de questions supplémentaires, titille encore plus notre curiosité et permet de découvrir que les Deraïs ne sont pas tout blancs non plus …

Quant à la magie, c’est le fait qu’elle se situe sur deux plans différents qui la fait dénoter un peu. Une sorte de plan des esprits mais qui a sa propre volonté.

Bref, une histoire vraiment sympa à lire et qui me donne envie d’aller plus loin ! J’espère que le second tome sera publié en France …

Le livre

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit

Helen Lowe

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Guillaume Fournier

Titre original : « The Hair of Night – Book one : The Wall of Night »

Illustration de couverture : Silas Manhood

Editions Orbit

421 pages

21.90€

Challenge concernés

1386401538Consigne de Février : Un livre de couleur rouge

2/12

Challenge Littérature de l'Imaginaire15/36

 

challenge 52 semaines1ère session

Idée n°14 : Une épée

10/11

Bilan Février 2014

Bilan du mois de Février 2014

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Du côté de mes lectures

Les portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale de Maria V. Snyder m’a moins captivé que les deux premier tomes, mais ce fut malgré tout une très bonne lecture et j’ai très envie de découvrir sa nouvelle série du coup :)

Ma grosse déception du mois va à Fées à la Chaîne de Philippe H. Besancenet malheureusement. Un monde qui n’a pas réussi du tout à me captiver et m’a ennuyé dès les premières lignes :s

Un livre que j’ai dévoré et adoré avec le premier tome de Cygne Noir : Fille de l’Orage de Richelle Mead.  Il me tarde de pouvoir trouver un moment pour plonger dans la seconde partie de cet intégrale.

Bah voilà, j’ai succombé à Te Succomber de Jasinda Wilder. Le livre qui m’aura fait couler le plus de larmes ! Un vrai drame, magnifiquement exploré psychologiquement. Un beau coup de cœur pour ma part.

Une magnifique adaptation du Mythe de Déméter et Perséphone en album pour la jeunesse par Elsa Oriol que je conseille aux petits comme aux grands !

Le Mur de la Nuit, tome 1 : L’Héritière de la Nuit d’Helen Lowe est un roman que j’ai beaucoup aimé bien qu’ayant mis du temps à le lire (j’avais encore le cerveau rempli de Te Succomber…). C’est une belle introduction à un récit je pense qui sera fantastique. J’espère d’ailleurs qu’il sera publié en France. En attendant je réfléchis encore à mon avis …

Du côté de mes chroniques

   

   

 

Du côté de mes Rendez-vous Littéraires

Inscription à Livra’deux pour pal’Addict  en binôme avec Parthenia

Lecture prévue >> La Roue du Temps, tome 1 : L’œil du monde de Robert Jordan

Inscription à deux nouvelles lectures communes

 

Organisées par Julie7

Pour le 03 Avril et le 03 Mai 2014

Du côté de mes achats

      

 

Du côté de mes Rendez-Vous littéraires

 Inscription à 2 lectures communes :

 

Organisées par Julie7

Pour le 03 Avril et le 03 Mai 2014

Du côté de mes Challenge

Mon avancée :

- Littérature de l’Imaginaire : 4 lectures soit 14/12 [ J'ai décidé de passer deux niveaux au dessus et donc viser la catégorie "Plongée dans l'inconnu" et atteindre les 36 livres lus.] 14/36

- ABC Littérature de l’Imaginaire : 1 lecture soit 2/26

- Les 52 Semaines : 1 lecture pour la version 1 soit 8/11 et 2 lectures pour la version 2 soit 2/26

- Les Quatre Saisons – Fées d’Hiver : 2 lectures, donc j’en suis à 3 au total

- Un mois une consigne : 1 lecture soit 2/12

- Un genre par mois : 1 lecture soit 2/12

- Mythologie du monde : 1 lecture soit 10 au total

- Trivial Pursuit de l’Imaginaire : 1 lecture

Voilà ! Un mois satisfaisant je trouve :)

…………..

Déméter et Perséphone

Déméter et Perséphone

Elsa Oriol

Résumé

Déméter, déesse de la terre et des moissons, vit une vie heureuse près de sa fille Perséphone. Seulement, lorsque Hadès, le dieu des Enfer, éperdument amoureux de la jeune fille, décide de l’enlever en utilisant un piège, Déméter devient folle de chagrin et le temps finit par ressembler à son coeur : maussage, gris, orageux, tempétueux.

Les dieux s’en inquiètent grandement, alors Zeus fait appel au messager Hermès afin de trouver une solution pour rétablir la belle saison.

Mon avis

J’ai été tout à fait conquise par cet album, autant par l’adaptation faite pour la jeunesse que par les illustrations que j’ai trouvé tout simplement magnifiques.

D’abord, j’estime que l’idée de transposer les mythes sous formes d’album est une excellente idée pour faire connaître aux plus jeunes ces histoires incroyables et qui me tiennent particulièrement à cœur. Et bien qu’on puisse imaginer qu’ils sont destinés à un public particulièrement jeune, j’ai pu tester cet album cette semaine sur de jeunes adultes avec lesquels je travaille sur la mythologie et il les a bluffé, ils ont adoré. Comme quoi, l’aspect moins rébarbatif d’un album peut avoir un impact très intéressant pour donner goût aux mythes et légendes.

Pour en revenir au livre, j’aime beaucoup cette histoire qui met en place le principe de l’établissement des saisons dans le monde. C’est vraiment une belle métaphore.

Avant l’enlèvement de Perséphone, le monde vivait d’une saison unique, belle et rayonnante, florissante, fruitée et idéale. Seulement le cœur de Déméter ayant été brisé par la disparition de sa fille adorée, le temps change pour devenir sombre et destructeur. Helios, le dieu du soleil intervient donc pour lui dire ce qui est arrivé, et Déméter, par vengeance décide que le temps sera toujours le reflet de son cœur tant qu’elle n’aura pas retrouvé son enfant.

« Submergée par la douleur et la colère, folle de désespoir, Déméter décida de laisser les sources se tarir, la terre se flétrir, les fleurs se faner et les blés dépérir. »

Les dieux soucieux d’un monde qui risque de périr sans printemps interviennent donc et demandent à hermès, le messager, de trouver une solution pour rétablir l’ordre des choses. Celui-ci descend donc aux Enfer et propose un marché à Hadès. Six mois de l’année Perséphone restera auprès de lui, six mois elle retournera auprès de sa mère. Le pacte est scellé entre Perséphone et Hadès lorsqu’il lui donne à manger six pépins de grenade.

Perséphone retournant auprès de sa mère, lui explique les termes du contrat. Déméter décide alors que six mois de l’année seront beaux et florissant (le printemps et l’été) lorsque sa fille sera près d’elle, et les six autres mois seront le reflet de ce qu’elle ressent, pluvieux, triste et froid (l’automne et l’hiver), lorsque sa fille repartira dans le monde des morts.

Pour en revenir aux illustrations, j’ai adoré les regarder encore et encore, même les toucher. J’ai donné encore de quoi rire à mes collègues qui me voyaient caresser le livre en boucle en leur expliquant à quel point je trouvais les images belles et représentatives de l’histoire. L’auteur a fait une belle galerie de dessins pour donner vie à l’histoire, qui se passerait presque de texte tellement elles sont parlantes.

Quant au texte en lui-même il est parfait. Droit au but, des phrases courtes, idéales pour raconter l’histoire sans perdre personne au passage. Un vocabulaire simple mais évocateur et thématique. Et pour combler le tout, l’auteur n’a pas oublié de citer les différents dieux intervenant dans le mythe, ce qui permet de présenter et de développer le rôle de différentes divinités après la lecture.

Vraiment un superbe album que je recommande à tout le monde ! J’ai tellement apprécié que j’ai même regardé si l’auteur n’en avait pas publié d’autres sur la mythologie, mais malheureusement non. C’est dommage.

Le livre

Déméter et Perséphone

Elsa Oriol

Éditions L’École des Loisirs

Collection Kaléidoscope

34 pages

19€

Challenge concernés

2/12

challenge mythologie10 lectures

 

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Te Succomber

Te Succomber

Jasinda Wilder

Résumé

Nell est une jeune fille dont la vie se présente sous les meilleurs auspices, vit le parfait amour avec son ami d’enfance Kyle. Mais le destin a décidé de la mettre à l’épreuve de la façon la plus cruelle qui soit lorsqu’un tragique accident vient rompre l’enchantement.

Nell vit alors l’enfer sur terre, mais quelques années plus tard, lorsqu’elle retrouve par hasard le frère ainé de son amour de jeunesse, Colton, une porte vers l’avenir s’entrouvre. A Nell de décider si elle est prêt à l’emprunter.

Colton, voyant que les cicatrices sont loin d’être refermées, et qu’elles saignent à grand flots, est prêt à tout pour sauver Nell.

Mon avis

Bon …. Voilà un roman qui m’a retourné comme une crêpe, que je n’ai pas réussi à lâcher à partir du moment où je l’ai entamé. A vrai dire, j’étais dans le train, et je n’ose imaginer la tête que les gens faisaient en me voyant lire ce livre et encore moins à celle de mes parents lorsqu’ils sont venus me chercher à la gare et m’ont vu avec mes yeux tout rouges … Je crois que je lui donnerais la palme du roman qui m’a fait verser le plus de larmes en fait … C’était une vraie marée et lorsque je pensais en avoir fini, pouf ça me reprenait de plus belle !!!

Quoi ??!!?? Mais non je ne suis pas ultra sensible ! C’est juste un gros méchant bouquin qui m’a remué les boyaux du début à la fin.

Bon … rentrons dans le vif du sujet ^^ Une romance, non … Deux romances ^^ En effet, le livre se décompose en deux parties, dont le centre est toujours notre héroïne, Nell …  Deux parties qui sont radicalement différentes, autant par leur contenu que par la psychologie des personnages. Deux parties qui sont fortes en émotions et traitent de thèmes terribles et importants.

La première partie est tout en douceur et tendresse. Une évolution adorable d’une amitié d’enfance en amour. On pourrait penser que ce sujet est ennuyeux à mourir, mais pas du tout, on se plonge avec facilité dans le récit de la découverte des sentiments de nos deux jeunes héros. On ressent dès le départ leur amitié sincère, fraternelle, qui se transmue sous le coup de la jalousie en grand amour. Tout le début du roman tourne autour des thèmes du premier amour, de la façon dont les adolescents perçoivent leur première fois, de la délicatesse et de la peur qui les ceignent … De leurs projets d’avenir !

Il est tellement facile de s’identifier à ces personnages qui sont tout simplement l’image même que l’on se fait d’une adolescence insouciante, loin des problèmes, qui n’ont qu’à penser à ce qu’ils veulent pour leur futur, et qui ne pensent qu’à s’aimer.

De plus, le fait que l’on perçoive le sujet à travers les yeux de Nell donne encore plus de crédibilité à l’histoire, et nous pousse à nous impliquer dans sa romance, ses craintes et ses envies, ses doutes et ses espoirs.

Alors forcément, quand le drame survient, c’est tout le petit monde qu’on s’était imaginé qui vole en même temps que celui de notre héroïne !

Et nous voilà plongés dans son enfer, et les larmes qui vont avec.

La seconde partie se situe deux années plus tard. Et on l’entame dans la tête de Colton, le frère ainé de Kyle. Nell, qui est partie vivre à New York et qu’on s’attendrait à voir triste, oui, mais surtout à avoir fait son deuil, est en fait complètement détruite. Elle continue sa vie, mais elle ressemble plus à un fantôme qu’à une jeune fille de 18 ans, heureuse et fêtarde. Et elle croise, par le plus pur des hasards, le beau Colton, assis sur un banc, en train de jouer de la guitare et de chanter.

« Elle plie les genoux, soulève son étui à guitare, puis s’approche et se glisse sur le banc à côté de moi. Ses yeux ne quittent jamais les miens alors qu’elle s’assied, ouvre son étui et en sort une superbe Taylor acoustique classique. Elle se mord à nouvau la lèvre, fait vibrer quelques cordes, joue et entonne Barton Hollow. Je ris doucement et réalise que la douleur ne l’a jamais quittée. Elle ‘la gardée avec elle tout ce temps-là. »

A partir de ce moment, nous entrons dans la narration d’un véritable drame … La souffrance psychologique, la douleur physique, la culpabilité, les remords, la trahison, la folie de la passion, et le sexe, tout y passe !

Cette seconde partie est une véritable antithèse de la première. Elle est violente, et nous plonge dans une atmosphère complètement démesurée. En effet, on se retrouve face à une jeune femme qui n’a jamais fait son deuil et s’inflige des torture physiques pour palier la douleur de son cœur et de sa culpabilité. Face à elle, un jeune homme écorché, qui a été brisé, et s’est façonné dans la violence des basses rues New-yorkaises.

Trois choses pour les rapprocher : la perte d’un être cher et la musique. D’ailleurs, leur dialogue au départ se fait quasi exclusivement par ce biais … des chansons pour dire ce qu’ils ne peuvent exprimer autrement. J’ai trouvé ça très poétique et envoûtant.

Mais comment gérer des sentiments comme ceux-là sans penser trahir la mémoire de celui qui n’est plus ? Pour Nell c’est impossible, et elle s’inflige d’autant plus de souffrance pour l’encaisser. Pourtant, Colton représente certainement sa seule issue possible pour s’en sortir. Car ce dernier est obnubilé par elle et pour rien au monde il ne la laissera sombrer plus profondément.

Tout le récit qui les entoure est un véritable combat pour la vie. Mais également un combat entre les deux pour se résister mutuellement … Car l’idée même de se plaire, de s’imaginer être intime, bien que cela les obsède, donne des surcharges de culpabilité qui enterre Nell un peu plus à chaque fois. Mais c’est pourtant par la violence de leurs sentiments et l’explosion de ce que Nell refuse de laisser sortir que la voie s’éclaire.

Alors oui, sur les 100 dernières pages, le sexe a une place très importante. Certains pourraient être gênés par le vocabulaire utilisé qui semblerait détonner avec l’histoire, mais ne sommes nous pas tous différents dans l’intimité ? Personnellement je n’ai rien vu de choquant dans le langage utilisé pour décrire ces scènes (autant dire qu’elles le sont de façon très crues et que ce livre est fortement déconseillé à un jeune public ou à des âmes pudiques), au contraire, je les ai trouvé d’une réalité flagrante ! Aucune pudeur ne vient cerner leur intimité. Ils se livrent tels qu’ils sont, écorchés, blessés et passionnés et surtout torturés par la culpabilité. A mes yeux, c’est d’ailleurs dans cette « presque » douleur, que des rapports puissants peuvent nous faire ressentir, que Nell trouve le moyen de ne plus s’infliger des blessures physiques. J’ai trouvé que l’auteur avait fait tout un travail psychologique très intéressant autour de ce que le sexe a d’important au cœur de nos vies.

Bref, j’ai complètement succombé à ce roman et à ses réalités violentes. J’ai éprouvé énormément de compassion pour Nell, et j’ai aimé Colton sincèrement pour son naturel à la fois dur et maladroit. L’auteur n’a pas cherché à enjoliver les pensées de ses personnages, au contraire elle leur a donné une sincérité extraordinaire et pour cela je ne pourrais trouver aucune fausse note à son roman.

J’ai eu d’ailleurs beaucoup de mal à m’en défaire, et l’ai retourné dans ma tête pendant longtemps avant de réussir à penser à un autre livre, une autre histoire. J’aurais voulu poursuivre mon indécente filature des sentiments de ces héros, et je ne suis pas a l’abri de le relire tellement j’ai été conquise.

Le livre

Te succomber

Jasinda Wilder

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anna Souillac

Titre original : « Falling into You »

Editions Michel Lafon

339 pages

15.95€

Cygne Noir, tome 1 : Fille de l’Orage

Cygne Noir, tome 1 : Fille de l’Orage

Richelle Mead

Résumé

Eugénie Markham, plus connue sous le nom de Odile Cygne Noir, est une chaman, chasseuse d’esprits d’Outremonde, des créatures féeriques qui sèment le chaos dans les petites vies tranquilles des humains.

Lorsqu’un esprit l’appelle par son véritable nom, notre chasseuse se retrouve interloquée et se demande les conséquences que cela pourrait avoir sur sa vie … La pauvre ne sait pas encore combien cette révélation va bouleverser littéralement son existence.

En effet, quand un jeune homme l’appelle pour lui demander de sauver sa sœur qui aurait été kidnappée par un Fae, Odile sait qu’elle n’a plus le choix et devra passer entièrement dans l’Outremonde pour aller la chercher ….  Une fois là-bas,  elle va vite découvrir ses véritables origines et devoir composer entre des choix plus improbables les uns que les autres …

Mon avis

« Tu crois peut-être que je ne sais pas qui tu es, Eugénie Markham, alias Cygne Noir, alias, Odile ? Une traîtresse à ta race ! Une bâtarde ! Une meurtrière ! (il avait pratiquement craché ce dernier mot.) Une bannie parmi les tiens comme parmi les miens. Une ombre assoifée de sang. Tu ferais n’importe quoi du moment qu’on te paie assez cher. Une mercenaire, voilà ce que tu es … Pire encore : une putain !« 

On peut dire que ce roman commence sur les chapeaux de roue !!! Directement dans l’action et honnêtement ce n’était pas pour me déplaire car il m’a été quasiment impossible de le lâcher ! J’ai été complètement happée par l’histoire et j’en redemande !

Mais d’abord je dois dire que ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est la profusion de références aux mythes et légendes de différents horizons. En effet, entre les mondes féeriques contenant déjà leur lot de créatures incroyables, nous rencontrons également des esprits des légendes japonaises (le magnifique Kiyo, Kitsune de son état :p), irlandaises (Kelpie), mais aussi, nous plongeons dans le monde de la mythologie grecque avec Perséphone, les enfers et les divers rappels aux mythes qui s’y accrochent tels Orphée et Eurydice, etc. Et c’est un bonheur de découvrir ce monde et ces protagonistes dont le seul point commun est le lieu dans lequel il vivent : l’Outremonde.

Là où l’auteur a fait fort, c’est d’être parvenue à mélanger tous ces mythes et légendes, les accoupler, sans s’emmêler dans un méli-mélo de n’importe quoi auquel on ne comprend plus rien. Non elle s’est parfaitement approprié le tout et a su en dégager un nouvel univers tout à fait passionnant !

Mais, la référence mythologique qui est certainement la plus importante, est celle faite à Œdipe et la prophétie qui lui avait été faite … En effet, bien que ne tenant qu’en une petite phrase lâchée l’air de rien dans le récit, c’est pourtant autour de ça que tourne le roman. Une prophétie noire et funeste que notre héroïne doit contourner …

« Le truc, avec les prophéties, c’est que … parfois les gens comprennent tout de travers. A moins qu’en essayant de faire en sorte qu’elles restent lettre morte, ils n’en précipitent la réalisation. »

Apporter à tout ça une héroïne attachante et à laquelle il est si facile de s’identifier tellement son côté humain est palpable et le récit marquait encore des points. En effet, même si son job est hors norme par son côté surnaturel, le personnage en lui même pourrait être n’importe qui d’entre nous. Une jeune femme au caractère bien sentie mais que la peur n’épargne pas, que les faiblesses rendent humaine, que les désirs assaillent, à qui les choix  compliquent l’existence. Son humour grinçant et parfois naïf, ses propos influencés par la culture humaine qu’elle soit littéraire ou télévisuelle nous rappellent qu’elle vit bien dans le même monde que nous si on omet le fait qu’elle voit des choses que nous ne percevons pas.

Ajoutons une touche de sensualité et de passages bouillants histoire de mettre nos hormones en ébullition, voilà qui donne encore plus de piquant à l’histoire. Mais ces passages, très bien décrits, sans user d’un vocabulaire pouvant gêner les plus prudes, ne sont pas récurrents. Pourtant le sexe en lui même est présent presque intégralement dans le roman, mais juste par références. En effet, tout le peuple des Faës ne rêvent que d’une chose (si on oublie celui de la tuer) c’est de pouvoir passer sur le joli corps de notre beau Cygne Noir.

Pour évoquer un peu les personnages secondaires, je les trouve vraiment excellents. En parcourant les cours des Faës ( j’ai assez apprécié que l’auteur ait conservé ce principe de cours féeriques), on rencontre des personnages atypiques, tel que Dorian. Ce roi d’une des cours de l’Outremonde est original mais surtout compliqué et c’est ce qui fait tout son charme. En effet, on sent l’ennui qui pèse sur lui comme un fardeau dont il ne peut se débarrasser, et l’arrivée d’Eugénie vient le distraire tout en lui ouvrant une possible porte sur son désir le plus profond. Jusqu’au bout il est difficile de le cerner. On sent qu’il est attaché à notre héroïne mais il nous est quasi impossible de savoir laquelle de ses motivations prendra le dessus. Il est mystérieux et attirant. En fait il est une panoplie d’émotions diverses et variées, il a mille et un visage. C’est un personnage surprenant. Quant à Kiyo, notre kitsune métissé, il est le stéréotype de la parure de mode, celui qui fait saliver les jeunes filles. Et notre héroïne ne peut pas plus que nous résister à ses charmes bestiaux. En plus de ça il est intelligent et aime les animaux (hihi).

Bon je ne nierais pas que l’histoire d’amour est comme l’action, elle démarre au quart de tour. En deux semaines nos deux tourtereaux sont complètement dingues l’un de l’autre, et ils seraient prêt à donner leur vie pour l’autre (pas qu’au sens figuré). C’est peut-être un peu exagéré je pense, mais on se laisse malgré tout complètement bercer par l’histoire d’amour et la naissance d’un triangle un peu bancal. Et même si mon cœur de midinette aurait tendance à craquer pour le beau Kiyo, je dois admettre que Dorian, le mystérieux, dégage quelque chose de franchement attractif, peut-être à cause de son côté un peu hautain mais aussi enfantin lorsqu’il découvre le monde des humains.

Enfin, pour finir là où j’ai commencé : Le rythme … Le roman commence directement dans l’action, et chaque fois que l’on pense pouvoir se reposer, un rebondissement vient à nouveau redonner du mouvement au récit. Chaque chapitre comporte une nouvelle pièce dans la trame de l’histoire. Et même les passages que l’on pourrait juger lent (je pense aux moments où l’héroïne prend ses leçons de magie), ils finissent systématiquement par un cliffhanger nous empêchant de poser le livre.

Donc un rythme soutenu du début jusqu’à la fin pour un récit écrit avec une plume franchement addictive.

Et histoire de finir en beauté, la fin nous laisse sur notre faim et appelle à ouvrir le second volet de la série quasi instantanément. Un rebondissement, non pas surprenant, on s’y attend franchement à un moment donné, mais malgré tout, qui donne envie de savoir ce qui va bien pouvoir se passer, et comment l’héroïne va pouvoir gérer la suite de ses aventures …

Bref ! J’ai adoré dévorer ce roman et j’ai hâte de pouvoir trouver un moment à accorder au second tome !

Le livre

Challenge concernés

ob_6e5ac8_tpi-logo1ère session : Bit-Lit / Couleur dans le titre

mini_1312011039471523873ème lecture

Challenge Littérature de l'Imaginaire14/36

challenge 52 semaines8/11

 Idée 48 première session : Un miroir

Fées à la chaîne

Fées à la chaîne

Philippe H. Besancenet

Résumé

Lyse est une jeune fée pleine de vie et naïve. Le jour où un poulpiquet vient lui adresser un message de l’ambassade lui demandant de les rejoindre, c’est un doublet gagnant pour elle. En effet, non seulement elle réalisera son rêve de voir enfin ce monde incroyable qu’est celui des humains, mais en plus elle va pouvoir retrouver sa sœur Aryse qui s’y trouve déjà.

Pourtant notre jeune fée va vite déchanter en découvrant que sa sœur a disparu et que le monde dans lequel elle est entrée n’est pas celui qu’elle espérait …

Mon avis

« Il venait la voir tous les jours et son rôle à l’Ambassade lui plaisait, marmonna t-elle. Bien sûr, elle aurait pu se décider subitement à partir avec lui, abandonnant tout derrière elle, ses affaires comprises. Cela ne me surprendrait pas trop. Mais oublier d’emmener son journal, son confident ? »

Je dois avouer ma déception quasi totale suite à la lecture de ce roman … Bien que je ne puisse nier l’originalité de l’histoire, il m’a été presque impossible de plonger dans ce récit qui me paraissait trop superficiel et me montrait un monde qui de base ne me plait pas plus que ça. J’avais l’impression de visiter Disney Land et je n’ai pas aimé mon voyage …

Du coup, n’étant pas adepte des chroniques négatives, j’ai beaucoup de mal à trouver des mots à mettre dans mon avis … Alors je pense être expéditive .

D’abord, le personnage de Lyse … D’entrée de jeu il m’a saoulé. Elle est toute gentille, toute mimi, toute rose, toute naïve, enfin elle est tout plein de qualificatifs mielleux et dégoulinants, mais elle est aussi d’un caractère fort et tenace. Pourtant son côté ultra superficiel me rendait folle de rage chaque fois qu’elle prenait la parole. Rien ne la choque plus que de ne pas porter une belle robe rose .. Non  sans façon. Et son approche d’un monde qui semble corrompu ne l’émeut pas plus que ça. Elle vit aux pays des bisounours en permanence et ne semble pas touché véritablement par les problèmes des autres, ou du moins pas tant qu’un bon coup de massue lui tombe sur la tête …

Ensuite, le monde dans lequel l’auteur veut nous plonger m’a ennuyé à mourir … Imaginer une ambassade féerique dans le monde des humains, c’était très bien pensé, mais la transformer en vaste plaisanterie pour les humains, j’ai trouvé ça très moyen. En fait l’ambassade ne s’avère qu’être une sorte de parc d’attraction dont les fées et autres créatures des mondes féeriques sont les acteurs, les rouages, les employées … Bref … non l’idée ne m’a pas emballé.

Enfin, l’intrigue se met en place avec l’enquête que décide de mener Lyse pour retrouver sa sœur et les choses s’enchaînent progressivement mais toujours avec une sorte de lenteur mortelle et du coup lorsque enfin l’action prend toute sa place, l’histoire m’a tellement endormie que je ne la suis qu’a demi mot et sans grand intérêt … c’est dommage.

Je ne peux pas dire que l’auteur n’a pas de talent, j’ai vu dans ce récit une sorte de conte pour enfant avec quelques passages un peu durs ; un style sympathique et une envie de partager peut-être une histoire qu’il aurait inventer pour ses propres enfants. Mais malheureusement ni le personnage principal, ni le monde imaginé n’ont réussi à me transporter. Je me suis sentie exclue et n’avait qu’une seule envie : celle de terminer le livre le plus vite possible (je n’aime pas abandonner une lecture, espérant toujours une bonne surprise).

Je ne sais pas, je n’étais peut-être pas dans de bonnes conditions pour m’immerger dans un monde comme celui-là …

Voilà … Alors bon .. Je conseillerais ce livre à tout ceux qui n’ont pas une image trop fantasy des mondes féeriques, et qui aiment se laisser porter par l’univers de Mickey et Mini. Vous êtes assurés de trouver un roman très original auquel se mêle une intrigue presque policière. Si vous n’êtes pas adepte de ce style, passez votre chemin …

Le livre

Fées à la chaîne

Philippe H. Besancenet

Editions P’tit Golem

267 pages

4.99€

Format E-Pub

Challenge Concernés

mini_1312011039471523872ème lecture

Challenge Littérature de l'Imaginaire13/36

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Maria V. Snyder

Résumé

Elena est aujourd’hui agent de liaison entre les deux royaumes de Sitia et d’Ixia. Mais l’évasion du voleur d’âmes Ferde, la disparition suspecte de nombreux magiciens et les actes de rebellions du peuple Davian suffisent à Elena pour qu’elle se décide à mener l’enquête.

C’est malheureusement sans compter sur le conseil de Sitia, qui, manipulé par la première magicienne Roze, haïssant de tout son cœur la pauvre Elena, se retourne contre elle et l’accuse d’être l’instigatrice de la disparition de Ferde et d’avoir des plans diaboliques quant à son pouvoir de chasseuse d’âmes …

Elena devient donc l’ennemi public numéro 1 et ne trouve plus sa place ni en Ixia, où la magie est interdite, ni en Sitia. Mais c’est sans compter sur le soutient de sa famille, de ses amis et de son tendre et cher Valek !

« J’ai toujours été fasciné par ton talent pour t’attirer la haine et la rancune des gens puissants. Mais cette fois, tu as réussi à remonter un pays entier contre toi. »

Mon avis

Moi qui était tellement contente de pouvoir entamer ce troisième et dernier tome de la série des Portes du Secret, dont j’avais dévoré les deux premiers titres, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire qui, un peu brouillon dans son introduction, a eu du mal à se mettre en place. Mais la difficulté en valait la peine, car le final est quant à lui vraiment palpitant et pose une belle conclusion au destin de notre héroïne bien qu’il laisse en suspension d’autres questions sur certains personnages.

Donc un dernier tome avec une entrée en matière dispersée. Mais cet éparpillement représente en quelque sorte l’état d’esprit de notre héroïne.

En effet, alors qu’elle pense n’avoir plus qu’à se soucier de parfaire ses capacités magiques en apprenant à maîtriser les éléments qui lui font défaut tel que le feu, moult rebondissements viennent achever ses bonnes dispositions.  Ne sachant plus à qui elle peut faire confiance, Elena tente le tout pour le tout et avance tête baissée dans les pièges qui lui sont destinés. Malgré tout, elle n’abandonne pas le combat et poursuit sa quête vaille que vaille, navigant en eaux troubles, affrontant ses plus grandes peurs et tentant de trouver un sens à tout ce fouillis qui l’entoure.

Beaucoup de détails et de palabres viennent construire ce roman, mais c’est pour mieux peaufiner le personnage d’Elena, mieux comprendre qui elle est et ce qu’elle inspire aux yeux du monde : la peur. En effet, c’est une chasseuse d’âmes et malgré tout le bien qu’elle a fait depuis qu’elle a entamé ses aventures, rien ni personne ne peut empêcher ceux qu’elle rencontre d’avoir peur d’elle. Et elle-même commence à douter de ses qualités et de ce dont elle est capable. Donc, le doute guide son cœur, ce qui forcément engendre des erreurs de jugement lors de ses aventures.

« Le dernier chasseur d’âmes de Sitia avait vécu environ cent cinquante ans plus tôt. Au cours de sa brève existence, il avait transformé ses ennemis en esclaves sans âmes et presque réussi à prendre le pouvoir. »

C’est un final, donc il est normal de voir également apparaître la presque totalité des personnages rencontrés depuis le premier tome, mais j’avoue que cela à contribué à compliquer la compréhension du tome, passant plus de temps à essayer de me rappeler qui est qui et quel est son rôle, j’en oubliais parfois de me concentrer sur ce qui était en train de se passer …

Mais ce qu’il faut retenir surtout de ce dernier épisode des Portes du Secret, c’est qu’il est la révélation d’Elena et de son pouvoir. Tout est mis en place de façon à la mettre à l’épreuve et cela n’a jamais rien d’évident.

Donc au final, je ne suis absolument pas déçue par ce roman, bien au contraire, qui se termine en feu d’artifice !

Une bonne trilogie, avec ses hauts et ses bas, mais qui se rattrape toujours grâce à la vivacité et le pétillement de ses personnages, la simplicité efficace de la plume de l’auteur et à ses intrigues palpitantes.

Le livre

Les Portes du Secret, tome 3 : Les Secrets d’Opale

Maria V. Snyder

Traduit de l’américain par Karen Degrave

Titre original : « Fire Study »

Editions Harlequin

Collection Darkiss

497 pages

7.50€

Challenge Concernés

Challenge Littérature de l'Imaginaire12/12

challenge 52 semaines

Idée n°26 : Du feu ou des flammes

8/11

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Mervyn Peake

Résumé

Dans le château de Gormentghast, vivent les d’Enfer … Une famille noble et étrange dont le quotidien, d’un ennui mortel, n’est fait que de rituels et résonne chaque jour de la même monotonie … Mais la platitude de la vie des gens du château va se retrouver bousculée par la naissance d’un héritier tant attendu, Titus, et par l’arrivée d’un jeune opportuniste aux dents longues, Finelame.

Mon avis

Parler de Gormenghast me paraît un travail titanesque tellement ce roman est atypique. Et bien que la lecture fut rude, car habillée par des milliers de descriptions dont on a l’impression qu’elles ne prennent jamais fin, elles n’en sont pourtant pas moins essentielles pour pouvoir s’immerger dans ce monde aux proportions indicibles.

En effet, parler de ce château c’est se figurer un monument dont on ne connaît ni le début, ni la fin. Il est une succession de dédales et de labyrinthes dans lesquels on se perd. L’auteur a fait de ce lieu un être à part entière dont les habitants ne sont que la prolongation. D’ailleurs, durant la première partie de ce roman, l’auteur nous présente les personnages en surfant de pièce en pièce, car chacune d’entre-elles est une image qualifiante du caractère de ses habitants. Et cette présentation se fait quand même sur plus de 100 pages.

Mais c’est qu’il y a à dire sur ces personnages et ces lieux si loufoques, si improbables ! Ils sont presque une exagération théâtrale relevant du tragi-comique ! Les personnages sont aussi hors normes que le château finalement … Le comte d’Enfer passe son temps enfermé dans sa bibliothèque, la comtesse à câliner ses oiseaux et ses milliers de chats, leurs serviteurs aux noms surprenants (Salprune, Craclosse, Lenflure, Glue et j’en passe), à l’allure contrefaite (Craclosse est comparé à une araignée, Lenflure, me paraît un ogre, Glue, une petite fée poids plume et sans cervelle)  sont presque effrayants …

Et s’il n’y a pas de héros à proprement parler dans cette histoire, il y a malgré tout des personnages qui donnent le ton de l’intrigue.

En effet, la naissance de Titus, l’héritier inespéré des d’Enfer, dont personne n’a cure si ce n’est pour donner une raison de se perdre dans de nouveaux rituels animant le château, apparaît en lui-même comme annonçant la fin de la langueur et la rupture avec la tradition ancestrale qui fait tourner cette famille et sa résidence. Car depuis sa naissance rien ne se passe comme il devrait. A peine né, l’enfant semble déjà manifester un rejet vis à vis de ce l’on veut lui imposer. C’est un rebelle dans l’œuf. Et je dois avouer que j’ai pitié de ce pauvre enfant qui naît dans un si sinistre lieu, entouré de si sinistres personnages. Car même s’ils sont hauts en couleurs, ils n’en restent pas moins totalement individualistes et me font penser à des personnes enfermées, séquestrées mais qui finalement aiment leur ravisseur (le château) et ont cessé de se poser des questions, se sont résignées à leur mode de vie. Et c’est dur de s’imaginer un enfant évoluer dans de telles conditions, l’imaginer se mettre lui même à tourner en rond jusqu’à la fin de sa vie, comme un poisson dans son bocal.

Le second personnage qui vient rompre avec la monotonie déprimante de cette atmosphère est Finelame … Et si la naissance de Titus annonce un meilleur, peut-être pour le futur, de Gormenghast, Finelame quant à lui annonce sa mort plus qu’autre chose. Jeune parvenu aux dents aiguisées, il n’a d’autre ambition que de s’approprier le château et de soumettre à sa volonté ses habitants. Intelligent et tranchant, il porte parfaitement bien son nom … Et utilise la faiblesse et la bêtise des uns et des autres à son avantage. La manipulation n’a aucun secret pour lui, et même si certains émettent des doutes quant à sa présence soudaine et à ses motivations, personnes n’essaye de le contrecarrer … Il est l’ange de la mort, le chaos incarné, l’ombre planant sur le château. Son rôle est essentiel dans l’intrigue, car il est l’intrigant fallacieux. Il est le ver dans la pomme qui ronge les entrailles de  l’univers des d’Enfer et de leurs serviteurs et en dérègle les coutumes quitte à détruire ceux qui en vivent. Il est l’annonciateur d’un drame.

« Nous avons fait la connaissance avec Lord Tombal et Lady Gertrude, leur fille ainée Fuschia, le Dr Salprune, Rottcodd, Craclosse et Lenflure, Nannie Glu, Finelame et Grisamer. Nous les avons surpris le jour de la naissance de Titus, et nous sommes à même de mieux saisir l’atmosphère dans laquelle s’accomplira le destin de l’héritier de Gormenghast. »

Autant dire qu’à ce niveau de la lecture (premier tome sur trois), je vois la suite de ces aventures comme un combat entre le bien et le mal. Mais ! c’est foncièrement impossible d’imaginer ce que vont devenir Gormenghast et ses habitants, même si quelques pistes sont données …

Si l’on devait décomposer ce roman, on pourrait dire qu’il se présente en deux grandes parties : Présentation du monde et de ses personnages >> transition apportée par le drame >> développement de la lente déchéance du monde en place avec une ouverture sur un univers nouveau (pour le pire ou le meilleur).

Ce roman est d’une qualité narrative impressionnante qu’il n’est possible d’apprécier qu’en allant jusqu’au bout de l’histoire.

Enfin … Je crois que ce qui fait de ce roman un récit unique c’est qu’il est finalement inclassable. Son univers se trouve être inqualifiable : à la limite du fantastique, fantaisiste mais sans implication de la magie, théâtrale, burlesque, dramatique. Il est hors du temps ! Hors de tout ce qui pourrait nous être connu. On l’imagine dans un autre monde enfermé dans une sorte de bulle. Gothique ? Baroque ? … Tout ce qu’on sait c’est qu’il est sombre et violent, mais que la plume poétique de l’auteur lui offre une consistance qui elle est magique car addictive.

Oui … Finalement même les mètres et les mètres et descriptions infinies ne sont pas parvenues à me faire lâcher prise car l’atmosphère du roman nous captive tellement, et son intrigue titille si fort notre curiosité que le besoin de savoir l’emporte sur le reste. Du moins, c’est ainsi que je l’ai ressenti. Peake a instauré un univers hors norme, hors du commun, hors du temps. C’est de l’art pur et dur. Chacune de ses descriptions est un dessin de son monde, une image qui s’incruste dans notre esprit. Il est un magicien des mots.

Alors autant dire pour finir qu’il est clair que j’ai adoré ce roman ! Mais je pense qu’il est tellement unique que son effet sur chacun peut aller d’un extrême à l’autre. Soit on l’aime soit on le déteste. Soit on va jusqu’au bout, soit on abandonne avant la fin des 120 premières pages. Il n’en reste pas moins une œuvre incroyable que je vous souhaite de découvrir. C’est un petit joyau de la littérature.

Le livre

Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer

Mervyn Peake

Titre original : « Titus Groan »

Traduit de l’anglais par Patrick Reumaux

Editions Points

591 pages

8.50€

Challenge concernés

Challenge ABC 20142/26

Challenge Littérature de l'Imaginaire11/12

SFFF5ème lecture

challenge 52 semaines2ème version -> Idée n°13 : Du Brouillard

1/26

Livra’deux pour Pal’Addict 2014 [Février / Mars / Avril]

Livra’deux pour Pal’Addict

 

.. Session Février / Mars / Avril 2014

Nous avons décidé de nous mettre en binômes avec Parthenia

 

Les livres choisis par Parthenia

   

Un livre qu’elle a lu et souhaite me faire découvrir :

- La Roue du Temps, tome 1 : L’Oeil du Monde de Robert Jordan

Un livre dont elle souhaite avoir mon avis :

- La Trilogie des Joyaux Noirs, tome 1 : Fille du Sang d’Anne Bishop

Un livre dont le résumé l’a interpelé :

- Eon et le Douzième Dragon d’Alison Goodman

J’ai beaucoup hésité car ce n’est pas un choix facile ^^ Alors je vais partir pour La Roue du Temps, tome 1 de Robert Jordan

Les livres que j’ai choisi pour Parthenia

   

Un livre que j’ai lu et que je souhaite qu’elle découvre :

- La Lédende de Drizzt, tome 1 : Terre Natale de R.A. Salvatore

Un livre dont j’aimerais avoir son avis :

L’Edda Poétique de Régis Boyer

Un livre dont le résumé m’interpelle :

La Reine Celte, tome 1 : Le Rêve de l’Aigle de Manda Scott

———

 

Voilà, j’espère qu’une de ces trois lectures lui conviendra ^^


Bilan Janvier 2014

Bilan Janvier 2014

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Du côté de mes lectures

Je ne pouvais pas mieux commencer l’année qu’en lisant La Sève et le Givre de Léa Silhol qui est une merveille de la Fantasy Féérique

J’ai ensuite fait connaissance avec l’auteur Amélie Nothomb dont je n’avais jusqu’alors rien lu. Antéchrista fut une lecture appréciable bien que la fin de l’histoire m’ait laissé un goût amer.

Ce fut un plaisir de me plonger dans une fantasy arthurienne type romance avec Les Chemins de Camelot, tome 1 : L’ombre de Camelot de Sarah Zettel. J’ai beaucoup apprécié la légèreté de cette histoire et l’adaptation de deux légendes qui ne sont pas forcément très connues.

Changement de stylke radical avec Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley. Cela faisait des années que je voulais lire ce grand classique de la littérature de science fiction. Pour le coup je n’ai pas été déçue. Une anticipation qui donne à réfléchir sérieusement sur ce qu’on l’on souhaite vraiment pour notre société.

Re changement radical de style avec la découverte d’Agatha Christie. J’aurais mis le temps pour lire enfin cet auteur et je n’ai vraiment pas été déçue par cette histoire. La mort n’est pas une fin m’a tenu en haleine de bout en bout et son côté historique m’a d’autant plus charmée.

Un retour vers le classique anglais avec Le Fantôme de Canterville et autres contes d’Oscar Wilde. Une sacrée critique de la société mise en scène à travers des histoires sombres et cruelles.

Découverte de la nouvelliste Anne Rossi avec Passeurs d’ombre, épisode 1 : L’appel de l’ombre. Ce fut déroutant de me jeter dans le style des récits courts mais cette romance de fantasy était très sympathique.

La fin du mois était difficile niveau lecture et je n’arrivais plus très bien à me plonger dans de longues histoires. M’immerger dans la mythologie nordique m’a donc permis de faire une belle pause avec cette nouvelle de Manuel Essard, Les Dits du Midgardr, tome 1 : Saga.

Enfin, j’ai réussi à terminer Gormenghast, tome 1 : Titus d’Enfer de Mervyn Peake. il m’aura fallu 3 bonnes semaines pour en venir à bout. Non pas que la lecture m’ait déplu, loin de là, mais comme je le disais plus haut, la fin du mois était difficile et je n’arrivais plus à me concentrer pour plonger dans les livres longs. Quoiqu’il en soit, je réfléchi encore à ma chronique car on peut dire que ce livre est sacrément original :)

Du côté de mes billets

 

       

       

Du côté des Rendez-Vous littéraires

Inscriptions à 3 Lectures Communes :

Organisée par Nelcie

Du 20 au 30 avril 2014

Organisée par Stephanie – Plaisirdelire

Pour le 15 Mai 2014

   

Organisées par Luna

Pour le 5 avril, le 3 Mai et le 6 Juin 2014

Du côté de mes achats

   

Du côté de mes challenge

Inscriptions à 4 nouveaux challenge

ob_6e5ac8_tpi-logobanniere130924024632396436challenge 52 semaines

Avancée dans mes challenge

Le Tour du Monde en 8 ans : 1 nouveau pays avec la Belgique, soit 13 pays visités

Légende Arthurienne : 1 lecture, soit 1/15

SFFF : 3 nouvelles lectures dont une encore à chroniquer, soit 1/9 en SF, 2/7 en fantasy et 1/2 en Fantastique

Mythologie du Monde : 2 nouvelles lectures, soit 9 en tout

Witch List : 1 lecture, soit 1/10

1 genre par mois : 1/12

ABC 2014 : 1/13

Littérature victorienne : 1/3

1 mois 1 consigne : 1/12

Les quatre saisons : 1 lecture

Agatha Christiesez-moi : 1/10

Littérature de l’imaginaire : 10/12

ABC littérature de l’imaginaire : 2/26 (une à chroniquer)

Voilà, un mois plutôt bon je trouve malgré une panne lecture sur les deux dernières semaines …